Masisi en flammes : Lukweti ravagée, la guerre des positions embrase le Nord-Kivu

Dans l’agglomération de Lukweti, territoire de Masisi, plus d’une centaine d’habitations ont été incendiées le samedi 11 avril 2026 lors d’opérations attribuées aux rebelles de l’AFC/M23, en plein affrontement avec les combattants Wazalendo. Selon des sources locales, ces violences ont été précédées et suivies de combats à l’arme lourde et légère, plongeant la zone dans un cycle de représailles armées et aggravant une crise humanitaire déjà critique dans le Nord-Kivu.

Village en cendres, géographie du désastre

Lukweti s’est réveillée sous la fumée et les débris. Des centaines d’habitations ont été réduites en cendres dans des opérations ciblées contre des zones suspectées d’abriter des combattants Wazalendo. Le feu devient ici une arme stratégique, transformant l’espace civil en champ de ruines.

Front mouvant, colline sous tension

Les affrontements auraient débuté autour du Mont Shingisha avant de s’étendre à plusieurs villages voisins. Des détonations d’armes lourdes et légères ont résonné toute la journée, redessinant une carte de guerre instable où chaque colline devient une position militaire potentielle.

Population piégée, peur installée

Les sources civiles et coutumières décrivent une population prise au piège entre deux forces armées. Les combats répétés notamment une semaine après un précédent épisode violent installent une peur durable et paralysent les déplacements, accentuant la vulnérabilité des habitants.

Crise humanitaire, tissu social déchiré

Ces violences successives aggravent une situation humanitaire déjà fragile. Des milliers de déplacés s’entassent dans des conditions précaires, tandis que les activités socio-économiques et scolaires sont fortement perturbées. La vie quotidienne s’effrite sous la pression des armes.

Lukweti illustre une dynamique de guerre prolongée où la destruction des habitations devient un instrument de contrôle territorial, au prix d’une population civile de plus en plus fragilisée.  « La guerre est toujours une défaite pour l’humanité », rappelait Jean-Paul Sartre et dans les cendres de Lukweti, cette vérité ne se dit plus, elle se voit.

Didier BOFATSHI

Okapi / VFI7, voltefaceinfos7.com

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