Kinshasa, 12 septembre 2026. La RDC vient de franchir une étape importante dans l’organisation de son marché du carbone. Le chef de l’État a promulgué une ordonnance-loi qui fixe le cadre juridique, institutionnel et opérationnel de ce secteur stratégique. L’enjeu dépasse la protection des forêts : il concerne aussi la capacité du pays à transformer son potentiel climatique en ressources économiques.
Marché du carbone en RDC : un cadre désormais renforcé
Selon l’ordonnance présidentielle lue vendredi à la télévision nationale, le texte vise à reconnaître, réguler et superviser le marché volontaire du carbone sur le territoire congolais.
Il prévoit également une architecture institutionnelle nationale et l’instauration d’un registre national du carbone. Ce registre doit servir de système souverain d’enregistrement des résultats d’atténuation et de ceux transférés au niveau international.
La réforme s’inscrit dans la mise en œuvre de l’article 6 de l’Accord de Paris, qui encadre les mécanismes de coopération volontaire entre États en matière de réduction des émissions.
Forêts, climat et économie : le pari congolais
La RDC possède un atout majeur. Son couvert forestier, ses tourbières, son réseau hydrographique et sa biodiversité lui donnent une place particulière dans la lutte contre le changement climatique.
La Présidence présente ainsi le pays comme un « véritable pays-solution ». Elle souligne aussi la nécessité d’une gestion plus rigoureuse de ses ressources naturelles.
Cette orientation n’est toutefois pas nouvelle. Dès 2023, le gouvernement évoquait déjà la nécessité d’un cadre juridique, d’un registre des crédits carbone et de règles plus transparentes pour attirer les investisseurs.
Une réforme dont la valeur se mesurera aux résultats
La promulgation constitue une avancée juridique. Elle ne garantit pas encore les retombées économiques attendues.
La question sera désormais celle de la mise en œuvre : contrôle des crédits, transparence des transactions, protection des communautés locales et partage des revenus.
En juin 2026, la société civile environnementale appelait justement à faire du marché carbone un levier de développement, notamment pour créer des emplois verts et améliorer les conditions de vie des communautés.
Cette exigence rejoint une pensée de l’économiste Nicholas Stern : « Le changement climatique est le plus grand échec du marché que le monde ait jamais connu. »
Pour la RDC, le défi sera donc double : préserver son capital naturel et convertir cette richesse climatique en développement mesurable.
La nouvelle loi ouvre-t-elle réellement la voie à ce changement ?
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Source : Présidence de la République – Journal officiel
Source complémentaire : ACP – marché du carbone et développement national
Maillage interne suggéré : Nouvelle économie du climat en RDC ; Forêts du bassin du Congo ; RDC et financements climatiques.

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