Maniema : L’Assemblée explose, le bureau d’âge prend le pouvoir après la guerre des chiffres autour du gouverneur

Le palais fissuré

À Kindu, le cœur politique du Maniema vacille. Mercredi 13 mai, dans une atmosphère électrique, le bureau de l’Assemblée provinciale du Maniema est tombé sous le poids des pétitions et des fractures internes. Au centre du séisme : l’interpellation controversée du gouverneur Moïse Kabwankubi, devenue l’étincelle d’une crise institutionnelle à haute tension.

Le bureau d’âge, conduit par Gaspard Kalukula Lutaka, a été installé pour reprendre une institution rongée par la défiance. « Nous avons commencé le travail pour redorer l’image de notre chambre », a déclaré le doyen d’âge, promettant une issue rapide au conflit.

Les chiffres qui tuent

Vendredi dernier, la plénière a viré à la déflagration politique. Le rapporteur a publiquement contesté le comptage des voix annoncé par le président Junior Kibungi Mutanga. En quelques secondes, l’autorité du bureau s’est effondrée.

Comme l’écrivait Montesquieu : « Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que le pouvoir arrête le pouvoir. » Au Maniema, le contrôle parlementaire s’est transformé en champ de bataille institutionnel.

Kinshasa dans l’ombre

Le départ de plusieurs députés vers Kinshasa alimente désormais les soupçons d’influences extérieures. L’interpellation du gouverneur aurait même été transmise sans validation formelle de la plénière, plongeant la province dans un brouillard procédural inquiétant. Derrière les textes, une guerre silencieuse se joue : celle du contrôle politique d’une province stratégique.

Le vertige républicain

Le Maniema avance désormais sur une corde raide. Entre exécutif fragilisé et législatif fracturé, la province retient son souffle avant les conclusions du bureau d’âge attendues cette semaine. « La démocratie n’est forte que lorsque ses institutions résistent aux hommes », rappelait Max Weber. Au Maniema, les murs de l’Assemblée parlent désormais plus fort que les discours.

Didier BOFATSHI

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