Nord-Kivu : Après la frappe de Mushaki, “Sauvons la RDC” accuse Kinshasa de bombarder des civils et interpelle l’ONU

Mushaki sous les cendres

À Mushaki, dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu, les détonations des drones ont ravivé les plaies ouvertes de l’Est congolais. Le mouvement Sauvons la RDC, proche de l’ancien président Joseph Kabila, accuse ouvertement le pouvoir de Félix Tshisekedi d’avoir frappé des populations civiles « sans défense », causant morts et blessés.

Dans un communiqué publié mercredi 13 mai, le mouvement dénonce « une violation du droit international humanitaire » et réclame une enquête internationale indépendante sur ces bombardements attribués aux forces gouvernementales. « La responsabilité d’un gouvernement est de protéger sa population. Pas de l’exterminer », martèle la plateforme.

Les drones de la discorde

Selon cette organisation sociopolitique née à Nairobi, ces frappes seraient devenues « systématiques », touchant marchés, villages et infrastructures civiles dans plusieurs zones de conflit, notamment à Minembwe, Kalehe et Masisi.

Le mouvement regrette que la communauté internationale condamne les violences sans désigner clairement leurs auteurs. Il salue néanmoins les réactions des Nations Unies et des États-Unis après le bombardement de Mushaki.

Comme l’écrivait Hannah Arendt : « Là où tous sont coupables, personne ne l’est vraiment. » Une phrase qui résonne dans un conflit où chaque camp accuse l’autre de crimes contre les civils.

La paix piégée

Pendant que les médiations de Montreux et de Washington tentent de sauver les processus diplomatiques entre Kinshasa, Kigali et l’AFC/M23, les affrontements et les accusations mutuelles continuent d’alimenter la méfiance.

Sur le terrain, la guerre des communiqués accompagne désormais celle des armes. Chaque explosion fragilise davantage les engagements de paix et éloigne les perspectives de désescalade dans l’Est de la RDC.

L’Est dans le vertige

Derrière la dénonciation de Mushaki apparaît une crise plus profonde : celle d’un État contesté dans sa capacité à protéger ses citoyens au cœur d’un conflit devenu régional, géopolitique et minéral.

« La guerre révèle ce que la politique cache encore », écrivait Albert Camus. Dans l’Est congolais, les drones ne bombardent plus seulement des positions ennemies ; ils frappent aussi la fragile confiance entre pouvoir, population et communauté internationale.

Didier BOFATSHI

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