Le réveil du franc
À Kinshasa, le débat monétaire change de terrain. En défendant sa proposition de loi sur les baux à loyer, le député national Venance Eyanga Mboyo veut imposer le paiement exclusif des loyers en francs congolais. Présentée samedi lors du Space Live de Stanis Bujakera Tshiamala, cette initiative ravive une question plus vaste : la RDC peut-elle reconquérir sa souveraineté monétaire ?
Le franc congolais revient au centre du jeu. Selon l’élu, la réglementation de change de 2014, modifiée en 2018, imposait déjà cette orientation. Toutefois, elle restait largement ignorée.
« Au niveau de la réglementation, ça ce n’est que sur papier », a-t-il affirmé, avant d’ajouter : « On ne peut plus négocier les loyers en dollars. Tout doit être fait en francs congolais. »
Le combat des billets
Derrière la réforme des loyers se cache une bataille économique. Chaque fin de mois, des milliers de ménages se ruent vers les bureaux de change pour obtenir des dollars. Cette demande accentue la pression sur le taux de change et fragilise davantage la monnaie nationale.
« La monnaie est le baromètre de la confiance d’une nation », écrivait John Maynard Keynes. La proposition de loi tente précisément de restaurer cette confiance.
L’épreuve de la souveraineté
Cependant, une loi peut-elle, à elle seule, modifier des habitudes ancrées depuis plusieurs décennies ? La dollarisation congolaise est aussi le produit des crises passées et des incertitudes persistantes.
En filigrane, cette réforme teste l’autorité de l’État. Elle mesure aussi la capacité des institutions à réhabiliter le franc congolais.
Car, comme le rappelait Victor Hugo, « rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue ». Reste à savoir si l’heure du franc congolais a véritablement sonné.
Liens internes suggérés :
- Dédollarisation de l’économie congolaise.
- Évolution du taux de change en RDC.
- Réformes économiques du gouvernement congolais.
Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime
