Kinshasa hausse le ton. Dans un communiqué officiel, le gouvernement congolais accuse le Rwanda de renforcer sa présence militaire à Uvira et d’orchestrer une progression vers Fizi et Kalemie. Une alerte grave sur la souveraineté nationale, alors que les processus diplomatiques patinent et que les civils restent en première ligne.
Uvira, ligne rouge de la souveraineté
La RDC dénonce une occupation qu’elle qualifie d’illégale et délibérée. Selon les autorités, trois nouveaux bataillons rwandais se seraient déployés dans les hauts plateaux d’Uvira, de Fizi et de Mwenga, sous couvert du groupe Twirwaneho. Pour Kinshasa, il s’agit d’une manœuvre de dissimulation et d’une agression caractérisée, en violation du droit international et des engagements régionaux. La progression observée vers le sud fait craindre une rupture stratégique sur l’axe Kalemie–Tanganyika.
Alerte humanitaire et responsabilité internationale
Dans un contexte déjà saturé de violences, le gouvernement alerte sur l’exposition directe des populations civiles. Il exige un retrait « immédiat, effectif, vérifiable et sans condition » des troupes rwandaises, en référence à la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU et à l’Accord de paix de Washington. Kinshasa appelle ses partenaires à activer des leviers contraignants, au nom d’une solidarité jugée « utile et crédible ».
Diplomatie grippée, terrain en feu
Malgré l’implication américaine et les accords de Washington entérinés par Félix Tshisekedi et Paul Kagame, les discussions parallèles de Doha avec l’AFC/M23 restent au point mort. Les mesures annoncées tardent, les armes parlent. L’occupation d’Uvira a ravivé les condamnations internationales, notamment de Washington. Sous pression, l’AFC/M23 annonce un retrait, promettant une chance à la paix. Sur le terrain, l’Est retient son souffle.
Didier BOFATSHI