Kinshasa–N’sele : Violences meurtrières après la relocalisation de Pakadjuma, au moins deux morts et plusieurs blessés

De violents affrontements ont éclaté le 15 avril 2026 dans la commune de N’sele, à Kinshasa, impliquant des anciens habitants de Pakadjuma récemment délocalisés vers le site de l’INPP Kinkole. Armés d’objets tranchants, ces derniers ont envahi l’hôpital général de référence de Kinkole en fuyant des menaces de gangs locaux, causant plusieurs blessés et au moins deux morts, selon un bilan provisoire. Ces violences surviennent dans un contexte de tensions persistantes liées à leur déguerpissement en février dernier.

Une irruption violente au cœur d’un hôpital

La scène s’est déroulée dans l’enceinte de l’hôpital général de Kinkole, pris d’assaut par un groupe d’hommes et de femmes armés de machettes, bêches et autres outils contondants. Fuyant des représailles annoncées par des kulunas, ces anciens résidents de Pakadjuma ont forcé des bureaux et tenté d’accéder à des salles sensibles.

« Ils étaient munis d’armes blanches… ils forçaient les portes, même celles des salles de chirurgie », témoigne le docteur Samy Tessi, chef de staff de l’établissement.

Un climat de panique et de siège

Face à cette irruption, le personnel médical s’est barricadé dans les bureaux pour éviter tout débordement. « Le personnel soignant s’était enfermé pendant que ces gens forçaient les portes », précise le médecin. La situation a rapidement dégénéré, plongeant l’hôpital dans un climat de peur et de chaos.

Coups de feu et afflux massif de blessés

Alors que les tensions s’intensifiaient, des tirs ont été entendus à proximité du site où les déplacés sont installés. Peu après, de nombreux blessés par balle ont été acheminés vers l’hôpital. « Nous avons été envahis par des blessés, accompagnés d’une foule agitée », ajoute le docteur Samy Tessi, évoquant des menaces à l’encontre du personnel.

Un bilan humain encore incertain

Si les premières informations faisaient état d’au moins deux morts, d’autres sources médicales avancent un bilan plus lourd. Le docteur Alain Mukawa indique que quatre personnes auraient succombé, dont deux à l’hôpital et deux autres lors de leur transfert vers l’hôpital militaire du camp Kololo.

Un conflit enraciné dans une relocalisation contestée

Ces violences s’inscrivent dans le prolongement du déguerpissement de Pakadjuma en février dernier, dans la commune de Limete. À l’époque, les opérations de démolition avaient déjà donné lieu à des affrontements meurtriers entre habitants et forces de l’ordre, faisant plusieurs victimes.

À Kinshasa, la relocalisation forcée de populations précaires révèle ses fractures les plus violentes. « Déplacer sans stabiliser, c’est déplacer le conflit », rappelle une lecture classique des politiques urbaines. Et comme l’écrivait Victor Hugo : « La misère est une plaie sociale qui ne guérit que par la justice » une vérité qui résonne cruellement dans les violences de N’sele.

DBE

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