Turquie : Colère des enseignants après deux fusillades meurtrières en 48 heures dans des écoles

La Turquie est sous le choc après une fusillade survenue le 15 avril 2026 dans une école de Kahramanmaras, dans le sud du pays, ayant fait au moins neuf morts, dont huit élèves, et treize blessés, selon le ministère de l’Intérieur. L’auteur des tirs, un élève de 14 ans, a été tué durant l’attaque. Ce drame intervient au lendemain d’un autre incident similaire, ravivant l’indignation des enseignants qui accusent les autorités de ne pas enrayer la montée de la violence en milieu scolaire. À Ankara, les syndicats ont déclenché une grève et un sit-in devant le ministère de l’Éducation.

Kahramanmaras, théâtre d’un nouveau drame scolaire

La fusillade a éclaté dans un établissement scolaire du sud de la Turquie, plongeant le pays dans une vive émotion. Le bilan provisoire fait état de neuf morts, principalement des élèves, et de treize blessés, dont six en soins intensifs. Trois victimes sont toujours dans un état critique, selon les autorités sanitaires.

Un second choc en 48 heures

Ce drame survient dans un contexte déjà explosif, marqué par une précédente fusillade dans une autre école du pays. Cette succession d’événements tragiques alimente la colère des enseignants et des syndicats, qui dénoncent une banalisation de la violence dans les établissements scolaires.

Les enseignants en première ligne de la contestation

À Ankara, des enseignants ont transformé leur rassemblement en sit-in devant le ministère de l’Éducation. Ramazan Gürbüz, syndicaliste du syndicat Eğitim Sen, exprime son désarroi : « Ça fait quarante et un ans que j’enseigne, je n’ai jamais connu un tel niveau de violence. » Il affirme que près de quarante faits de violence mortels ont été recensés dans les écoles ces dernières années, dénonçant une absence de réponse structurelle des autorités.

Une critique politique du système éducatif et social

Pour les syndicats, la montée de la violence est liée à des choix politiques et sociaux plus larges. Kadem Özbay, responsable du syndicat Eğitim-İş, estime que la situation est le produit d’un effondrement social : « Dans un pays où la pauvreté augmente, où les jeunes n’ont plus d’avenir, où personne n’a plus confiance en la justice, qui s’étonne que la violence soit devenue un problème général ? »

Vers une mobilisation nationale

Face à ce qu’ils considèrent comme une urgence nationale, les syndicats d’enseignants envisagent une grande manifestation à Ankara, prévue le 18 avril, afin d’exiger des mesures concrètes pour la sécurité dans les écoles.

Alors que la violence s’installe dans les lieux censés protéger l’avenir, la société turque interroge ses fondations. « Une société qui ne protège pas ses enfants prépare sa propre fragilité », rappelle une lecture sociologique fondamentale. Et comme l’écrivait Nelson Mandela : « Il ne peut y avoir de révélation plus aiguë de l’âme d’une société que la manière dont elle traite ses enfants » une vérité brutale au cœur de cette crise éducative.

Didier BOFATSHI

RFI / VFI7, voltefaceinfos7.com

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