La vérité fissure le mur

Une semaine après les violences survenues lors de la manifestation de la C64 à Kinshasa contre le projet de révision constitutionnelle dénoncé par l’opposition, les Nations unies ont reconnu l’existence d’au moins un décès et de 38 blessés. Une déclaration qui marque un tournant dans ce dossier sensible où les versions divergent encore sur le bilan humain.

Par la voix de son porte-parole Seif Magango, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a exprimé sa préoccupation face aux événements du 12 juin. « Il est préoccupant qu’au moins un manifestant ait été tué et au moins 38 autres blessés », a-t-il déclaré. Une affirmation qui contraste avec la position des autorités de Kinshasa, lesquelles soutiennent qu’aucun décès n’a été enregistré.

Le chiffre qui dérange

Désormais, le débat ne porte plus sur l’existence ou non de victimes mortelles. Il se concentre sur leur nombre réel.

L’opposition évoque plusieurs morts. La CENCO en a documenté deux. L’ONU en confirme au moins un. Entre les bilans, la vérité semble encore chercher son chemin.

Comme l’affirmait Albert Camus, « la vérité est mystérieuse, fuyante, toujours à conquérir ». Cette citation résonne fortement dans une affaire où chaque chiffre devient un enjeu politique.

L’exigence de lumière

Face aux controverses, Volker Türk salue l’ouverture d’une enquête et exige qu’elle soit « efficace, indépendante, transparente et impartiale ». Derrière cette demande apparaît une question plus profonde : celle de la confiance publique. Car dans une démocratie, la légitimité des institutions repose autant sur leur capacité à protéger les citoyens que sur leur aptitude à établir les faits.

Quand la mémoire réclame justice

Au-delà des statistiques, ce sont les libertés publiques qui se retrouvent au centre du débat. L’ONU rappelle que le gouvernement a l’obligation de garantir les rassemblements pacifiques et de limiter strictement tout recours à la force.

« Une injustice faite à un seul est une menace faite à tous », écrivait Montesquieu. À Kinshasa, la bataille des chiffres n’est pas terminée. Mais une certitude émerge déjà : lorsqu’une nation débat encore du nombre de ses morts, c’est que la blessure demeure ouverte. Et tant que toute la lumière ne sera pas faite, le silence continuera de parler plus fort que les chiffres.

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

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