
Plénière sous tension contrôlée
À Kinshasa, la séance du 13 mai 2026 à l’Assemblée provinciale de Kinshasa a ravivé les tensions entre contrôle parlementaire et exécutif provincial. Insatisfait des réponses jugées « évasives » du ministre des Infrastructures, le député provincial Jared Phanzu Babaka a annoncé la transformation de sa question orale en interpellation.
Selon une information consultée par la rédaction de Voltefaceinfos7.com sur 7sur7.cd, l’élu estime que les éléments fournis par le gouvernement provincial ne permettent pas d’exercer un contrôle efficace sur la gestion des infrastructures de la capitale.
Le choc des chiffres et des silences
Au cœur du débat : routes dégradées, marchés publics, urbanisation chaotique et gestion du patrimoine provincial. Le député affirme avoir posé 11 questions structurées, restées sans réponses suffisamment documentées.
« L’Assemblée n’est pas une église, c’est un organe de contrôle », a-t-il martelé, dénonçant l’absence de données vérifiables, de cartographies et de preuves administratives. Dans cette confrontation feutrée, une fracture institutionnelle se dessine entre exigence de transparence et communication politique.
L’interpellation comme arme politique
En transformant la procédure en interpellation, Jared Phanzu Babaka active un levier parlementaire plus contraignant, sans viser immédiatement une sanction. Il s’agit, selon lui, d’obtenir des réponses précises sur les infrastructures de la capitale, notamment à Bandalungwa et autour du marché Zando. Cette stratégie illustre une montée en puissance du contrôle parlementaire dans une ville où les enjeux urbains sont devenus hautement politiques.
Kinshasa, ville sous pression urbaine
Derrière le débat institutionnel, c’est la gestion de la mégapole congolaise qui est interrogée. Urbanisation rapide, infrastructures fragiles et marchés publics contestés forment un ensemble de tensions structurelles.
Comme l’écrivait Alexis de Tocqueville, « la liberté politique ne s’entretient que par l’exercice constant du contrôle ». À Kinshasa, ce contrôle se heurte désormais à la densité des urgences urbaines.
Une bataille pour la transparence
Le député se dit confiant dans le soutien de ses collègues, estimant que la majorité des élus partage les mêmes préoccupations sur l’état des infrastructures. La prochaine plénière s’annonce déterminante pour l’avenir de cette interpellation.
Le contrôle comme ligne de fracture
« Gouverner sans rendre compte, c’est administrer sans légitimité », rappelle une lecture classique de la responsabilité publique.
Et dans cette confrontation entre élus et exécutif provincial, une vérité s’impose lentement : à Kinshasa, la bataille des infrastructures est aussi une bataille pour la transparence.
Comme le soulignait Montesquieu, « tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ». Reste désormais à savoir si le contrôle parlementaire saura transformer cette tension en exigence durable de gouvernance.
Didier BOFATSHI
