Mambasa, 24 avril 2026. Le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, a été frappé par une nouvelle vague de violence meurtrière au mois de mars. Selon un rapport du Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA), au moins 87 personnes ont été tuées lors d’attaques attribuées aux rebelles des ADF. Dans une région déjà fragilisée par des années d’insécurité, ces violences ravivent une crise humanitaire aiguë marquée par des déplacements massifs, la fermeture d’écoles et la paralysie des structures de santé.
Mambasa, théâtre d’une violence récurrente
Le rapport d’OCHA dresse un constat alarmant : les zones de santé de Nia-Nia et Lolwa ont été particulièrement touchées par les incursions armées. Les attaques attribuées aux ADF s’inscrivent dans une dynamique de violence persistante qui continue d’affecter les civils malgré les opérations militaires en cours dans la région.
Une crise humanitaire aux effets en cascade
Au-delà du bilan humain, l’impact est structurel. Plus de 60 000 personnes ont été contraintes de fuir leurs localités, cherchant refuge vers d’autres zones jugées plus sûres, notamment à l’intérieur de Mambasa et vers la province voisine de la Tshopo. Les déplacements massifs traduisent une réalité récurrente dans l’Est de la République démocratique du Congo : la violence armée génère une instabilité chronique, difficile à contenir par les seules réponses militaires.
Écoles fermées, hôpitaux à l’arrêt
Les conséquences sociales sont tout aussi lourdes. Le système éducatif a été directement touché, avec la fermeture d’au moins 23 écoles, privant plus de 5 400 enfants de scolarité. Dans le secteur sanitaire, neuf structures ont cessé leurs activités, laissant plus de 55 000 personnes sans accès aux soins de base. Une dégradation qui transforme la violence armée en crise humanitaire multidimensionnelle. Comme le rappelait Ban Ki-moon, « la sécurité des civils est la première victime des conflits oubliés ». Une observation qui trouve ici une résonance concrète.
Réponse militaire et limites opérationnelles
Face à cette situation, des opérations conjointes entre les Forces armées de la RDC et leurs partenaires ougandais ont permis, début avril, la libération d’environ 200 otages.
Cependant, ces succès tactiques ne suffisent pas à inverser durablement la dynamique sécuritaire. Les groupes armés continuent de se reconstituer dans des zones difficiles d’accès, rendant la stabilisation particulièrement complexe.
Une guerre sans fin visible
Les violences attribuées aux ADF dans le territoire de Mambasa illustrent une réalité persistante : celle d’un conflit diffus, enraciné, et profondément humanitaire. Derrière les chiffres 87 morts, 60 000 déplacés, des infrastructures paralysées se dessine une tragédie silencieuse, où la guerre ne se limite pas aux affrontements mais s’étend à la vie quotidienne des populations.
Reste une interrogation essentielle : comment briser un cycle de violence qui se nourrit de sa propre répétition ? Comme le soulignait Kofi Annan, « le véritable coût de la guerre est mesuré en vies humaines et en générations perdues ». Et en Ituri, ce coût continue de s’accumuler, mois après mois.
Didier BOFATSHI
7 sur 7 / VFI7
Okapi, Téléphone ya bana mboka

