
Une arrestation qui ravive les tensions
La crise politique en Guinée-Bissau connaît un nouvel épisode. Domingos Simões Pereira, chef du PAIGC, a été placé en détention vendredi par un tribunal militaire, selon une information rapportée par Africanews.com.
L’opposant est accusé d’implication dans une tentative présumée de renversement du pouvoir précédent. Il avait déjà été arrêté après le coup d’État militaire ayant renversé Umaro Sissoco Embaló le 26 novembre dernier.
Libéré en janvier, il restait assigné à résidence à Bissau avant cette nouvelle décision judiciaire.
La justice au cœur du bras de fer
Selon une source sécuritaire citée par Africanews, Domingos Simões Pereira a été transféré sous escorte à la prison de Segunda Esquadra.
Toutefois, sa défense conteste la procédure. Roberto Indeque, membre du collectif d’avocats, affirme que l’audience s’est déroulée sans information préalable.
« La procédure a été menée en dehors du cadre légal », a-t-il déclaré.
De son côté, le PAIGC rejette les accusations et dénonce une démarche politique visant à empêcher la candidature de son dirigeant à la présidentielle du 6 décembre.
Un pays prisonnier de son histoire
Depuis son indépendance du Portugal en 1974, la Guinée-Bissau reste marquée par des crises institutionnelles répétées.
Ainsi, cette nouvelle affaire rappelle la fragilité démocratique du pays.
Comme l’affirmait Kofi Annan :
« Aucun développement durable n’est possible sans paix, stabilité et institutions solides. »
Désormais, l’avenir politique bissau-guinéen dépendra de la capacité des acteurs nationaux à privilégier le droit sur la confrontation. La démocratie peut-elle survivre lorsque la prison devient un instrument du conflit politique ?
Didier BOFATSHI

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