Est de la RDC : Le Burundi sonne l’alarme, l’Accord de Washington vacille sous le feu des combats

La paix promise, la guerre persistante

Malgré les accords diplomatiques conclus ces derniers mois sous l’égide des États-Unis, les armes continuent de parler dans l’est de la République Démocratique du Congo. Le Burundi, actuel président de l’Union africaine et témoin de l’Accord de Washington entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame, déplore l’absence de résultats tangibles sur le terrain et appelle la communauté internationale à s’impliquer davantage pour mettre fin aux violences.

Selon les informations rapportées par Actualité.cd, cette préoccupation a été exprimée par le ministre burundais des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, lors de son entretien avec le ministre congolais de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, le 1er juin à Bujumbura.

Washington face à l’épreuve du terrain

Pour Bujumbura, les engagements pris dans le cadre du processus soutenu par l’administration américaine peinent à produire les effets attendus. Si certains réfugiés ont pu regagner leurs localités, plusieurs zones demeurent sous tension, alimentant de nouveaux déplacements de populations.

« Les accords signés entre la RDC et le Rwanda n’ont pas été pleinement respectés », a regretté Édouard Bizimana, selon le ministère burundais des Affaires étrangères cité par Actualité.cd.

Cette déclaration met en lumière l’écart grandissant entre les avancées diplomatiques et la réalité sécuritaire observée dans les provinces de l’Est.

L’ombre des médiations fragilisées

Depuis le communiqué conjoint de Montreux signé en avril 2026 et les différents cycles de discussions organisés à Doha, les accusations mutuelles de violations du cessez-le-feu continuent de freiner tout progrès durable.

Chaque partie interprète les engagements à sa manière. Résultat : les mécanismes de mise en œuvre restent paralysés tandis que les combats se poursuivent.

Comme l’écrivait Raymond Aron, « la paix est impossible sans confiance ». Or, c’est précisément cette confiance qui semble aujourd’hui manquer entre les acteurs du conflit.

Une alliance régionale sous pression

Au-delà du dossier sécuritaire, les deux ministres ont réaffirmé la solidité des relations entre Kinshasa et Bujumbura. Alliés stratégiques depuis l’accord de défense signé en mars 2023, les deux pays poursuivent leur coopération militaire face à l’insécurité persistante dans les provinces orientales.

Le Burundi a également réitéré sa détermination à contribuer à l’objectif africain de « faire taire les armes », priorité affichée par le président Évariste Ndayishimiye depuis son accession à la présidence de l’Union africaine.

Cependant, derrière les déclarations diplomatiques, une réalité demeure : la paix négociée n’a pas encore réussi à s’imposer face à la logique des armes. Comme le rappelait Kofi Annan, « il n’y a pas de développement sans sécurité, ni de sécurité sans développement ». Dans l’est de la RDC, cette vérité résonne aujourd’hui comme un avertissement adressé à tous les médiateurs internationaux. Tant que les engagements resteront prisonniers des textes sans se traduire sur le terrain, les populations continueront de payer le prix de cette paix inachevée.

Didier BOFATSHI

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