
Le cri venu de Goma
L’Est de la République Démocratique du Congo replonge dans l’ombre d’Ebola. Attendu ce 28 mai en RDC, le Directeur Général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a lancé un message lourd de symbole : « Vous n’êtes pas seuls. » Selon l’information consultée sur RFI par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, plus de 1.000 cas suspects ou confirmés, dont 233 décès, avaient été recensés au 24 mai. Une nouvelle alerte sanitaire qui secoue des provinces déjà fracturées par les violences armées et la précarité médicale.
La guerre invisible
Derrière les chiffres, des villages vivent au rythme des sirènes sanitaires. Ebola avance comme une braise dans une forêt sèche. Centres de santé saturés, peur collective, rumeurs corrosives : la riposte devient une guerre psychologique autant que médicale. Albert Camus écrivait dans La Peste : « Le fléau n’est pas à la mesure de l’homme ; on se dit donc que le fléau est irréel. » Pourtant, dans l’Est congolais, le virus est une réalité brutale qui réveille les blessures d’un territoire éprouvé.
L’OMS au front
La venue du chef de l’OMS traduit l’urgence mondiale. Kinshasa, les partenaires sanitaires et les communautés locales tentent d’endiguer cette 17ᵉ épidémie à virus Ebola. La bataille dépasse désormais le seul cadre médical : elle touche à la souveraineté sanitaire et à la dignité humaine. « Les crises révèlent les failles des sociétés », rappelait Edgar Morin. La RDC, elle, expose aussi sa résilience.
Le pays face au miroir
Cette flambée rappelle une vérité implacable : aucune nation n’est isolée devant les pandémies. Dans les collines meurtries de l’Est, la peur circule plus vite que les routes. Et tandis que l’OMS promet son accompagnement, une question demeure suspendue : combien de drames faudra-t-il encore pour que la prévention l’emporte enfin sur l’urgence ? Comme l’écrivait René Char : « Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience. » Ebola, lui, bouleverse tout sur son passage.
Didier BOFATSHI

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