
Bunia sous tension sanitaire et informationnelle
Bunia, 28 mai 2026. Dans la province de l’Ituri, le gouvernement congolais a réaffirmé sa maîtrise de la riposte contre l’épidémie à virus d’Ebola, tout en lançant un avertissement ferme contre la prolifération des rumeurs. Ces données ont été présentées lors d’une conférence de presse conjointe tenue jeudi soir 28 mai à Bunia, en présence du ministre de la Santé publique, Roger Samuel Kamba, et de son homologue de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya. À cette occasion, plus de 900 cas suspects et environ 223 décès présumés ont été rapportés, tandis que 105 patients sont actuellement pris en charge. Les autorités estiment que la situation reste « sous contrôle », mais fragile, dans un environnement saturé de peur et de désinformation.
Le virus et l’ombre numérique
La maladie circule, mais les récits aussi. Dans les rues de Bunia comme sur les réseaux sociaux, les rumeurs deviennent une seconde épidémie. Le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, avertit : « la désinformation peut tuer autant que le virus ». Une phrase lourde, presque clinique, qui résume la nouvelle guerre sanitaire : celle des perceptions.
La parole publique sous pression
Aux côtés du ministre de la Communication et Médias Patrick Muyaya, le gouvernement insiste sur la responsabilité collective. Sensibilisation, respect des mesures barrières, confiance dans les structures médicales : la stratégie repose sur l’adhésion communautaire. “Sans confiance, aucune riposte n’est durable”, rappelle une source sanitaire locale.
Une crise à double tranchant
Au-delà des chiffres, c’est la fragilité du lien social qui apparaît. Dans une zone marquée par des défis sécuritaires persistants, la peur amplifie chaque information. Hannah Arendt rappelait que « le sujet le plus radical de la politique est la vérité ». Ici, la vérité devient une frontière à défendre autant que la santé.
Gouverner la peur, contenir le feu invisible
La lutte contre l’Ebola ne se limite plus aux centres de traitement. Elle s’étend aux imaginaires collectifs, où chaque message peut sauver ou détruire. Le gouvernement appelle à une discipline informationnelle stricte pour éviter l’embrasement communautaire.
Dans cette bataille où le virus circule avec les mots, une certitude demeure : la santé publique est désormais un champ de vérité. « La confiance est le premier vaccin social », pourrait-on résumer. Et comme l’écrivait Albert Camus : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. »
Didier BOFATSHI

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