À la veille de la marche annoncée par la Coalition Article 64 (C64) pour le 15 septembre 2026, le processus de Dialogue national voulu par Félix Tshisekedi entre dans une nouvelle phase. Mais une confusion persiste dans le débat public : celle entre l’annonce du Dialogue, intervenue le 27 août, et l’ordonnance signée le 13 septembre.

La chronologie permet de distinguer les deux actes.

Le 27 août 2026, dans une adresse à la nation, Félix Tshisekedi a annoncé le lancement du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État. Le chef de l’État a alors présenté les grandes lignes du processus, notamment son ancrage territorial et les consultations prévues dans les 26 provinces.

« Ce Dialogue national se distinguera d’abord par son ancrage territorial : il ne commencera pas à Kinshasa, mais au cœur de nos 26 provinces, de nos territoires et de nos communautés. Ainsi, les assises de Kinshasa ne seront pas le point de départ du Dialogue, mais l’aboutissement d’une parole recueillie à travers tout le pays ».

Le président avait également annoncé la mise en place d’un Comité d’organisation par ordonnance.

C’est finalement le 13 septembre que cette ordonnance a été signée. Elle institue le Comité chargé de préparer le processus. Celui-ci doit notamment organiser les préparatifs, recueillir les contributions des différentes composantes nationales et préparer les travaux.

Cette distinction est essentielle. L’ordonnance du 13 septembre ne doit pas être présentée comme l’acte initial annonçant le Dialogue. Elle constitue une étape de sa mise en œuvre.

Le président au centre du dispositif

Le choix institutionnel place le Comité d’organisation sous l’autorité du président de la République. Cette configuration alimente les critiques de certains acteurs politiques et de la société civile, qui y voient une concentration du contrôle du processus entre les mains du chef de l’État.

La question est alors de nature institutionnelle : l’autorité qui lance et organise un Dialogue peut-elle en même temps garantir son indépendance et sa représentativité ?

Le président avait lui-même répondu à cette préoccupation lors de son adresse du 27 août : « Je prends devant la nation l’engagement de garantir l’indépendance, la représentativité et la sécurité de ce Dialogue. Je veillerai à ce qu’il ne soit confisqué par aucun camp ni détourné de sa finalité ».

Le débat porte donc sur l’articulation entre deux exigences : l’exercice des prérogatives institutionnelles du chef de l’État et la nécessité de garantir la confiance des acteurs appelés à participer au processus.

La présence éventuelle d’un médiateur ne modifierait pas automatiquement cette architecture. Un médiateur peut faciliter les discussions sans devenir, pour autant, l’autorité constitutionnelle du processus.

Le précédent des dialogues politiques de 2016-2017 montre d’ailleurs qu’une médiation pouvait coexister avec les prérogatives institutionnelles du président de la République.

Une deuxième ordonnance annoncée

Un autre élément mérite d’être précisé.

Lors de l’annonce du 27 août, la Présidence avait indiqué que le Comité d’organisation devait préparer le processus avant une nouvelle étape juridique destinée à convoquer formellement les assises nationales.

La distinction entre ordonnance instituant le Comité et acte ultérieur de convocation du Dialogue est donc déterminante.

À ce stade, la controverse porte principalement sur la manière dont le processus est préparé et sur l’autorité qui en contrôle les mécanismes.

Cette question rejoint une réflexion plus large sur la nature du pouvoir politique. Comme l’écrivait la philosophe Hannah, « le pouvoir naît lorsque des hommes agissent ensemble ». La formule prend ici une dimension particulière : la crédibilité d’un Dialogue national ne dépend pas seulement de l’autorité qui le convoque, mais aussi de la capacité du processus à faire participer réellement les différentes composantes de la nation et à garantir que leurs contributions puissent peser sur les conclusions.

Le débat du 15 septembre intervient ainsi au moment où le Dialogue passe de l’annonce politique à la structuration institutionnelle.

L’enjeu central n’est plus seulement de savoir si le Dialogue aura lieu, mais selon quelles règles, sous quelle autorité et avec quelles garanties d’indépendance il sera conduit.

Voltefaceinfos7.com

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