Le grand rendez-vous de Nairobi à Kampala

La Confédération africaine de football (CAF) a levé le voile sur les dates de la Coupe d’Afrique des nations 2027. Selon une information consultée sur Radio France Internationale (RFI) par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, la plus grande fête du football africain se déroulera du 19 juin au 17 juillet 2027 au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda.
Pour la première fois de son histoire, la CAN traversera trois nations hôtes. Une édition inédite, ambitieuse, presque vertigineuse, portée par la promesse d’un football africain qui regarde désormais vers l’Est. Mais derrière les projecteurs, les interrogations persistent. Retards dans les infrastructures, stades inachevés, réseaux de transport sous pression : la CAF joue gros. Très gros.
Trois nations, un seul rêve
Des rives de Nairobi aux avenues de Kampala, l’Afrique de l’Est se prépare à accueillir la planète football africaine. Le Stade Nelson Mandela figure parmi les enceintes appelées à vibrer sous les chants des supporters et le tumulte des grandes affiches continentales. Pourtant, plusieurs infrastructures restent encore en chantier. En février dernier, des rumeurs évoquaient même un possible report à 2028.
La CAF avait rapidement démenti. Ce 2 mai, l’instance panafricaine a voulu éteindre définitivement le doute : la CAN 2027 aura bien lieu aux dates prévues. « Notre engagement reste intact », a insisté Patrice Motsepe, président de la CAF, promettant « une CAN très réussie ».
Le message est clair : l’Afrique de l’Est doit entrer dans l’histoire.
Le pari des bâtisseurs
Mais organiser une CAN à trois pays ressemble à une course contre le chronomètre. Routes, hôtels, stades, sécurité, logistique : tout reste à accélérer. Au Kenya notamment, les tensions politiques inquiètent déjà, alors que des élections majeures sont prévues quelques semaines après le tournoi. Nicholas Musonye, président du comité d’organisation kényan, avait même jugé qu’un report pourrait être « bénéfique » au regard du climat politique. La CAF, elle, refuse de freiner.
Car derrière cette CAN se cache un enjeu stratégique : rééquilibrer la géographie du football africain, longtemps dominée par l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest. Depuis Coupe d’Afrique des nations 1976 en Éthiopie, l’Afrique de l’Est attendait son retour sous les lumières du continent.
Le football comme drapeau
Au-delà du sport, cette CAN porte une dimension symbolique immense. Elle devient une vitrine diplomatique, économique et identitaire pour une région qui veut changer de stature sur la scène africaine. Comme l’écrivait Nelson Mandela : « Le sport a le pouvoir de changer le monde. » La CAN 2027 devra précisément faire cela : unir trois pays, accélérer des projets d’infrastructures et projeter une nouvelle image de l’Afrique de l’Est. Mais le ballon ne suffit pas toujours à masquer les fissures.
Le compte à rebours africain
Le 19 mai prochain, le tirage au sort des éliminatoires lancera officiellement la route vers cette CAN historique. Quarante-huit sélections rêvent déjà du voyage. D’ici là, le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda devront transformer les promesses en béton, les plans en stades, les ambitions en réalité.
Car une CAN ne se joue pas seulement sur la pelouse. Elle se gagne aussi dans les coulisses du temps. Et dans le vacarme des échéances africaines, une vérité résonne déjà : l’Afrique de l’Est n’a plus le droit de manquer son rendez-vous avec l’histoire.
Didier BOFATSHI
