Bahati s’efface, le Sénat vacille sous le poids des mots

Le rideau est tombé brusquement sur une séquence politique sous haute tension. Modeste Bahati Lukwebo a démissionné de son poste de deuxième vice-président du Sénat, scellant ainsi l’issue d’une crise aussi rapide que révélatrice. Officiellement fragilisé par une pétition initiée par Dany Kabongo, l’homme politique quitte la scène institutionnelle dans un climat où se mêlent contestation, interprétations et fractures latentes.

Le crépuscule d’un pouvoir

La démission sonne comme l’aveu d’un rapport de force devenu insoutenable. Derrière l’accusation d’« incompétence », se profile une mécanique plus vaste : celle d’un pouvoir contesté, fragilisé, puis contraint de céder. Comme l’écrivait Pierre Bourdieu, « le pouvoir symbolique ne tient que tant qu’il est reconnu ».

La parole qui brûle

Tout s’accélère après une sortie médiatique sur la Constitution. En affirmant que la RDC souffre moins de ses textes que des hommes chargés de les appliquer, Bahati a déclenché une onde de choc. Une parole devenue acte politique, illustrant la pensée de Michel Foucault : « parler, c’est déjà exercer un pouvoir ».

L’institution à l’épreuve

Le Sénat, en toile de fond, apparaît comme une arène où se mesure la solidité des règles. La pétition, les signatures, puis la démission interrogent la capacité de l’institution à réguler ses propres tensions. Max Weber le soulignait : « la légitimité repose sur la confiance dans l’ordre établi ».

L’ombre de la manœuvre

Pour l’AFDC, il ne s’agit pas d’une chute, mais d’un acharnement. Le parti évoque une campagne de dénigrement, suggérant des dynamiques invisibles à l’œuvre. Jean-François Bayart rappelait que « le politique se joue aussi dans ses coulisses ».

Au-delà du départ, cette séquence révèle une vérité plus profonde : la fragilité des équilibres et la puissance des mots dans l’arène politique. Elle interpelle sur la frontière entre responsabilité et instrumentalisation.

« Qui tient le langage tient le pouvoir », pourrait-on résumer dans l’esprit de Roland Barthes. Mais dans ce théâtre d’ombres, une question demeure : qui, désormais, tient réellement les rênes ?

Didier BOFATSHI / VF7, via voltefaceinfos7.com

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