
L’AS FAR Rabat a dominé la Renaissance de Berkane (2-0) au stade Prince Moulay Abdellah lors de la demi-finale aller de la Ligue des champions CAF. Dans un duel 100 % marocain, fermé et stratégique, les Militaires ont fait plier leurs rivaux grâce à Ahmed Hammoudan et Khalid Ait Ouarkhane. Cette victoire leur donne une option sérieuse pour la finale, au terme d’un match marqué par la maîtrise tactique, la tension et une rareté d’occasions franches.
Silence armé
Le match s’ouvre comme une tranchée refermée. Deux blocs se jaugent, s’annulent, respirent à peine. Le football devient calcul. Comme l’écrivait Johan Cruyff : « Jouer simple est la chose la plus difficile ». Ici, la simplicité est une arme rare.
Mur fissuré
Berkane verrouille, Rabat insiste. La première faille apparaît sur une erreur, puis une deuxième. Hammoudan surgit, Ait Ouarkhane frappe, et le mur cède. Dans cette mécanique, le détail devient destin. Pep Guardiola le résume : « Le football est un jeu d’erreurs ».
Emprise totale
L’AS FAR impose son tempo, son ordre, son territoire. Le stade devient forteresse. Discipline, pression, contrôle. Pierre Bourdieu parlait de domination symbolique : ici, elle se lit dans la maîtrise du rythme et l’effacement progressif de l’adversaire.
Frontière brisée
Le second but n’est pas un éclat, mais une sentence. Berkane résiste sans renverser. Le match bascule dans une logique d’irréversibilité. Antonio Gramsci écrivait : « Le vieux monde meurt, le nouveau tarde à apparaître ».
L’AS FAR n’a pas seulement gagné : elle a imposé une lecture du football faite de contrôle et de patience froide. La qualification n’est pas encore acquise, mais l’empreinte est posée. Comme le rappelait Arrigo Sacchi : « Le football est une question d’espace, de temps et de courage ». À Rabat, l’espace est conquis. Le reste appartient désormais à la peur de perdre.
Didier BOFATSHI
RFI / VFI7