Entre continuité académique et incertitude juridique, les étudiants de Goma et Bukavu se retrouvent au cœur d’un nouveau bras de fer.

Le 26 août 2026, Kinshasa a suspendu les activités académiques dans plusieurs établissements de Goma et Bukavu. L’AFC/M23 promet de maintenir les études sur place. Mais sans cadre précis, financement identifié ni garantie sur les diplômes, cette solution pourrait prolonger l’incertitude plutôt que la résoudre.

Une promesse sans mécanisme détaillé

La décision de Kinshasa suspend les inscriptions, enseignements, évaluations et délibérations dans plusieurs universités et instituts publics pour l’année 2026-2027. Le gouvernement conteste les nominations effectuées par l’AFC/M23 dans dix établissements de Goma et Bukavu.

L’AFC/M23 affirme vouloir activer un mécanisme pour maintenir les études. Mais ses modalités restent inconnues. Aucun dispositif précis n’est encore présenté sur les programmes, les enseignants, le financement ou la certification.

Le vrai enjeu : la valeur du diplôme

Cette incertitude touche directement les étudiants. Suivre des cours ne suffit pas. Encore faut-il que les examens, les relevés et les diplômes soient reconnus par les institutions compétentes.

Kinshasa propose déjà une alternative. Les étudiants des zones affectées peuvent rejoindre des établissements légalement reconnus. Le ministère prévoit aussi des dispositions particulières pour les finalistes et les étudiants en médecine.

2La pensée de John Dewey offre ici une clé : « L’éducation n’est pas une préparation à la vie ; l’éducation est la vie elle-même. » Dans un conflit, interrompre l’éducation fragilise donc bien plus qu’un calendrier académique.

Une université peut-elle devenir un territoire de pouvoir ?

L’angle caché apparaît ici : le contrôle de l’université devient un instrument de légitimation politique. Nommer des responsables, organiser les cours et délivrer des titres revient à exercer une forme d’autorité institutionnelle.

L’enjeu dépasse donc les amphithéâtres. Il touche la souveraineté, la gouvernance et la confiance dans les institutions.

Les étudiants, premières victimes de l’incertitude

Le risque est celui d’une génération prise entre deux autorités. Un système parallèle pourrait maintenir l’enseignement, mais créer une rupture dans la reconnaissance des parcours.

La paix ne se mesure pas seulement au silence des armes. Elle se mesure aussi à la capacité d’un étudiant à obtenir un diplôme reconnu et à construire son avenir.

La question demeure : comment garantir aux étudiants de l’Est une formation dont la continuité, la qualité et la reconnaissance ne dépendent pas des rapports de force militaires ?

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Source : Ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations (ESURSI)

Didier Bofatshi

Jésus-Christ t’aime

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