Zando : Kinshasa relance le cœur marchand sous haute organisation

À Kinshasa, le gouvernement provincial a lancé le 7 avril 2026, au Jardin botanique, les opérations de souscription pour l’attribution des étals, kiosques, magasins et chambres froides du nouveau Marché central « Zando ». Parallèlement, la délivrance de la patente 2026 et de la fiche d’identification des commerçants a été officiellement ouverte. Doté d’environ 11 000 espaces commerciaux, ce marché modernisé vise à réorganiser le commerce urbain, garantir une gestion transparente et offrir de meilleures conditions sanitaires et logistiques aux opérateurs économiques, dans un processus prévu jusqu’au 20 avril.

Zando, le cœur recousu de la ville

Sous les voûtes rénovées du marché central, Kinshasa recolle les morceaux de son économie populaire. Zando ne renaît pas seulement en béton et en acier, mais en promesse : celle d’un commerce réorganisé, visible, structuré. Le marché redevient battement, pouls, matrice du quotidien urbain.

La ville met de l’ordre dans ses flux

La souscription lancée marque une tentative de formalisation massive du commerce informel. Étals, kiosques, chambres froides : chaque espace devient objet administratif, contrôlé, attribué. Comme le soulignait Michel Foucault, « gouverner, c’est structurer les circulations » — ici, celles des biens, des vendeurs et des revenus.

La patente comme clé de visibilité économique

La délivrance de la patente 2026 transforme l’activité commerciale en identité économique officielle. Elle conditionne désormais l’accès aux espaces du marché. Ce processus vise une traçabilité fiscale et administrative accrue, dans une logique de modernisation de la gouvernance urbaine et de mobilisation des recettes publiques.

Entre mémoire des anciens et futur marchand

Les anciens vendeurs du marché central sont prioritaires, comme pour préserver la continuité d’un tissu social profondément enraciné. Zando devient ainsi un pont entre deux économies : celle de la débrouille et celle de la régulation. Jane Jacobs rappelait que « les villes vivent de leurs rues » ici, elles vivent surtout de leurs marchés.

Zando ne rouvre pas seulement ses portes : il redéfinit la manière dont Kinshasa se vend, s’organise et se projette. « Une ville se lit dans ses marchés avant ses monuments », écrivait Italo Calvino. Et dans ce nouveau Zando, c’est toute une capitale qui tente de réinventer sa propre respiration économique.

Didier BOFATSHI / VF7, voltefaceinfos7.com

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