Sud-Kivu : Kalehe au bord de l’abîme, 48 000 déplacés piégés dans l’enfer des combats AFC/M23 et wazalendo

Près de 48 000 civils fuient à répétition les affrontements entre AFC/M23 et wazalendo dans le groupement de Ziralo, territoire de Kalehe, au Sud-Kivu. Depuis le 13 avril, combats, incendies et reconquêtes successives plongent la zone dans une crise humanitaire aiguë. Villages désertés, écoles fermées, assistance insuffisante : la population, déjà vulnérable, s’enfonce dans une détresse extrême.

Ziralo, volcan humain en éruption

Le sol gronde, les collines respirent la peur. À Chambombo, dans Nyalugusha, les armes ont parlé avec fracas. Passée des mains des wazalendo à celles de l’AFC/M23, la localité symbolise une guerre sans ancrage. « Nous ne savons plus à qui appartient notre village », confie un habitant déplacé, la voix brisée.

Villages en cendres, mémoires calcinées

Sur l’axe Bunje-Katale, les flammes ont avalé des maisons comme des souvenirs. Bunje et Nyalugusha ne sont plus que cendres et silence. « Ils brûlent nos vies, pas seulement nos toits », déplore une mère de famille réfugiée. La destruction devient langage, la fuite, unique réponse.

Exode sans horizon, peur sans refuge

De Chambombo à Bishaka, de Kabunga à Shanje, les routes s’emplissent d’ombres errantes. Les hauteurs de Kusisa, occupées par des combattants, surplombent une population traquée. À Walikale, dans Lulambo, Biriko ou Busurungi, l’exil s’entasse dans la précarité. « Nous survivons, mais nous ne vivons plus », murmure un déplacé.

Écoles closes, avenir suspendu

Le savoir s’est tu. À Ziralo, toutes les écoles restent fermées, hypothéquant l’avenir de milliers d’enfants. « Une génération entière est en train d’être sacrifiée », alerte un acteur de la société civile. L’éducation, autrefois promesse, devient victime collatérale.

Face à l’urgence, la société civile appelle à une mobilisation immédiate. « L’inaction aujourd’hui est une condamnation silencieuse », martèle-t-elle. Dans ce théâtre de cendres et de cris, l’humanité vacille. Comme l’écrivait Albert Camus, « la vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent » une exigence brûlante pour Kalehe, où chaque seconde perdue coûte des vies.

Didier BOFATSHI

 

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