
Le choc des récits
La controverse enfle à Kinshasa après le sit-in du 12 juin 2026 organisé par la Coalition Article 64 (C64) pour défendre l’ordre constitutionnel. Entre accusations de violences, bilan contesté et appel à la transparence, le pouvoir et l’opposition livrent une bataille autour des faits, des victimes et de la confiance publique.
Les chiffres au cœur de l’orage
Selon le gouvernement, les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont causé six à sept blessés, dont un cas grave pris en charge. Les autorités urbaines évoquent également vingt blessés, parmi lesquels quinze policiers et cinq manifestants. En revanche, la C64 affirme que des morts, des blessés et des arrestations arbitraires ont été enregistrés.
Lors du briefing presse du lundi 15 juin, le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a rappelé que « la liberté de manifester et la liberté d’expression sont des droits garantis par la Constitution », tout en condamnant les violences.
La bataille de la transparence
Le porte-parole du gouvernement rejette l’existence de décès officiellement enregistrés. « S’il y a eu des morts, qu’on nous fournisse les noms, les identités, les adresses et les morgues concernées. Nous, gouvernement, assumerons notre part », a-t-il déclaré. Cette exigence de preuves place la traçabilité des victimes au centre du débat démocratique.
L’ombre d’une crise plus profonde
Au-delà du bilan humain, ce bras de fer révèle une fracture de confiance autour du débat sur la révision constitutionnelle. Le journaliste Albert Camus rappelait : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. »
Dans cette tempête politique, l’enjeu dépasse les chiffres : il touche à la vérité publique, à l’État de droit et à la responsabilité collective.
Comme l’écrivait Hannah Arendt, « la vérité de fait est fragile ». La RDC se trouve désormais face à une exigence : transformer la controverse en lumière, car une nation avance lorsque la vérité cesse d’être un champ de bataille pour devenir un socle commun.
Didier BOFATSHI

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