RPC: « Congo suspendu à l’éternel : Sassou, architecte du temps figé

Denis Sassou-Nguesso, président du Congo-Brazzaville, 82 ans, annonce sa candidature pour un nouveau mandat. Homme au pouvoir depuis plus de quarante ans, il se pose en gardien de la stabilité et mentor des champs congolais. « Je vais accompagner ce mouvement agricole », déclare-t-il, projetant sa main sur la jeunesse et les producteurs, comme pour saisir le pouls même du pays.

Stabilité ou éternité ?

L’annonce ne se limite pas à un simple acte électoral. Sassou-Nguesso célèbre la continuité et l’expérience, tandis que les critiques dénoncent la concentration excessive du pouvoir et le gel du renouvellement politique. Daniel Treisman, spécialiste en relations internationales, souligne que « la continuité du leader est nécessaire mais non suffisante pour démocratiser un pays ». Ici, la stabilité affichée masque la fragilité institutionnelle, et chaque parole devient un miroir de légitimité performative.

Aux cultivateurs du futur

Son message s’adresse aux agriculteurs, aux jeunes et aux élites politiques. Il cherche à transformer son autorité en substitut de légitimité populaire, créant un lien émotionnel fort avec la société. Comme le rappelle un chercheur de l’IFES : « Les régimes autocratiques reconstruisent la légitimité selon leurs propres critères ». Chaque accolade, chaque salutation devient rituelle de consolidation du pouvoir.

Directement, lors de la première grande foire agricole de Bambou Mingali, à 60 km de Brazzaville. Sa voix se déverse dans l’espace public, métamorphosant un simple événement agricole en scène politique, où le discours et la performance sont indissociables.

Sassou-Nguesso projette l’image d’un chef expérimenté et protecteur, mais la longue permanence au pouvoir révèle une tension invisible : l’État est stable, mais démocratiquement figé. Comme le souligne Human Rights Research : « Un État peut être stable sans être démocratique, mais il ne peut être durablement résilient sans institutions fortes ».

Dans ce théâtre politique où le temps se plie aux caprices d’un seul homme, la question reste brûlante : stabilité ou immobilisme éternel ? Comme l’écrivait Tocqueville : « La démocratie meurt quand le pouvoir oublie d’écouter le peuple ». Sassou entend-il encore ces murmures ?

RFI / VF7, via voltefaceinfos7.com

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