
Souveraineté en marche
Kinshasa, 20 mai. Dans une plénière à forte portée stratégique, l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo a adopté deux projets de loi majeurs : la ratification d’un protocole international contre le commerce illicite du tabac et l’adhésion à la convention de l’UNESCO sur la reconnaissance des diplômes. Une décision qui engage à la fois la sécurité économique et la mobilité académique du pays.
Traque des circuits invisibles
Le premier texte cible les flux opaques du tabac, entre contrefaçon et fraude douanière. L’objectif est clair : reprendre le contrôle des chaînes d’approvisionnement et protéger les recettes publiques. « Les circuits illégaux sapent silencieusement la souveraineté fiscale », résume un expert parlementaire, en écho à Max Weber pour qui l’État demeure le détenteur du monopole normatif.
Diplômes sans frontières
Le second texte ouvre un autre champ : celui des savoirs. Avec la convention de l’UNESCO, la reconnaissance des diplômes devient un levier de mobilité académique. Dans un monde où le savoir circule comme une monnaie, la RDC cherche à ne plus être périphérique mais actrice.
L’État face au monde
Derrière l’unanimité parlementaire, une tension demeure : ouverture ou dépendance ? « Gouverner, c’est structurer le champ d’action des autres », rappelait Michel Foucault. Ici, le champ s’élargit, mais l’équilibre reste fragile entre intégration globale et souveraineté locale.
L’épreuve de l’effectivité
Ces textes, adoptés sans amendement, traduisent une volonté d’alignement international rapide. Mais la loi ne vaut que par son exécution. « Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires », écrivait Montesquieu. La RDC engage donc plus qu’un vote : une promesse d’État.
Comme le souligne Amartya Sen, « le développement est liberté ». Reste à savoir si cette liberté sera concrète ou seulement normative. Car au bout du texte, une question persiste : une loi change-t-elle un pays ou seulement son image ? Et comme le rappelait Victor Hugo, « les lois sont les racines de la liberté ».
Didier BOFATSHI
