La bataille des mots s’intensifie

Le climat politique congolais connaît une nouvelle montée de tension. Le mouvement Sauvons la RDC, lié à l’ancien président Joseph Kabila, a dénoncé ce jeudi 25 juin 2026 ce qu’il qualifie d’« attaques ignobles » de l’Union sacrée de la Nation contre la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).

Dans un communiqué signé par une dizaine de membres fondateurs, dont Franck Diongo, Seth Kikuni, Raymond Tshibanda et Claudel André Lubaya, la plateforme politique affirme défendre le rôle de l’Église catholique dans le débat public et condamne les critiques dirigées contre ses prises de position sur la situation nationale.

L’Église au centre de la tempête politique

Selon le communiqué du mouvement, ces attaques s’inscriraient dans une tendance visant à fragiliser les voix critiques du pouvoir. Sauvons la RDC évoque des pratiques telles que les « procès d’intention », les « accusations sans preuve », la « stigmatisation », les « intimidations » et la « violence verbale, voire physique ».

Cette réaction intervient alors que la CENCO demeure une voix influente dans l’espace public congolais, notamment sur les questions liées à la gouvernance, à la démocratie et à la paix sociale.

Comme le rappelait le philosophe Voltaire : « je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je défendrai jusqu’à la mort votre droit de le dire ». Une citation qui illustre l’enjeu central du débat : la place de la liberté d’expression dans une démocratie.

La Constitution, nouveau front de confrontation

Au-delà de la polémique avec l’Église, Sauvons la RDC concentre également son message sur la question constitutionnelle. Le mouvement rejette toute perspective de référendum constitutionnel, qu’il considère comme une « manœuvre politique ».

Selon ses responsables, cette initiative détournerait l’attention des priorités nationales, notamment l’insécurité, la corruption, les crises sanitaires comme Ebola et la pauvreté.

La plateforme réaffirme son opposition à toute révision de la Constitution adoptée en décembre 2005, rappelant qu’elle avait été approuvée à une large majorité lors du référendum de l’époque.

Un appel à la mobilisation citoyenne

Dans son communiqué, Sauvons la RDC appelle les forces vives de la nation à se mobiliser pour « sauver la Constitution, sauver la démocratie, sauver la République ».

Cette déclaration s’inscrit dans une longue tradition des confrontations politiques en RDC, où les débats institutionnels deviennent souvent des symboles de rapports de force plus larges.

Comme l’écrivait Alexis de Tocqueville : « la démocratie est avant tout un état social où la liberté devient une habitude ».

Le débat autour de la Constitution et du rôle des institutions religieuses dépasse donc les acteurs du moment : il pose la question fondamentale de l’équilibre entre pouvoir, opposition et société civile dans la construction démocratique congolaise.

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *