RDC : Motion de défiance contre Jacquemain Shabani fragilisée, Bahati Lukwebo retire ses troupes dans un coup de théâtre politique


À Kinshasa, la motion de défiance visant le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur Jacquemain Shabani vacille à peine déposée. Le regroupement AFDC-A, dirigé par le sénateur Modeste Bahati Lukwebo, désavoue ses propres députés signataires et exige le retrait immédiat de leurs signatures. Une volte-face qui rebat les cartes d’une offensive parlementaire accusant le patron de la sécurité d’« abus d’autorité » et d’« insécurité persistante ».

Le coup de frein brutal

À peine enclenchée, la dynamique s’enraye. Modeste Bahati Lukwebo dénonce une initiative « isolée » menée à son insu par ses élus. Dans une logique d’autorité partisane, il ordonne : retrait des signatures. Comme le résumait Max Weber : « Le pouvoir repose sur la légitimité reconnue. »

La discipline de fer des partis

Les députés Cizungu Ntaboba Landry et Placide Wemba Mukagwa sont accusés d’avoir violé les règles internes de l’AFDC-A, membre de l’Union sacrée. Dans les coulisses, la majorité présidentielle se resserre. Pour Maurice Duverger : « Les partis structurent et contraignent l’action des élus. »

Une motion sous pression politique

À l’origine, la démarche portée par Yangotikala Lady accuse Jacquemain Shabani de :

  • « violation de la libre administration des provinces »,
  • « atteinte à la séparation des pouvoirs »,
  • et « insécurité persistante ».

Mais sans le seuil requis de signatures, la mécanique parlementaire s’essouffle. Comme le note Giovanni Sartori : « Les institutions ne fonctionnent que si les acteurs jouent le jeu. »

Le pouvoir de la majorité silencieuse

Le désengagement rapide de Cizungu Ntaboba Landry illustre la pression interne. Dans un système dominé par les coalitions, la survie politique prime. Pour Robert Dahl : « Le pouvoir est la capacité d’influencer les décisions des autres. »

Derrière cette motion fragilisée se dessine une réalité plus profonde : la primauté des équilibres politiques sur les dynamiques parlementaires. Et dans ce théâtre politique congolais, une évidence s’impose : « La politique est l’art du possible », écrivait Otto von Bismarck — encore faut-il disposer des forces pour le rendre réel.

Didier BOFATSHI

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