RDC : Les Clubs de Veille Citoyenne imposent une nouvelle grammaire civique dans les écoles

Selon un communiqué parvenu à la rédaction de Voltefaceinfos7.com, le Gouvernement de la République démocratique du Congo, à travers le Ministère de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté, a institué par arrêté ministériel les Clubs de Veille Citoyenne (CVC) dans tous les établissements scolaires du pays. Cette réforme, rendue publique le 11 avril 2026, vise à renforcer l’éducation civique, la discipline environnementale et la formation d’une jeunesse engagée dans les écoles primaires et secondaires.

Dans les écoles congolaises, une nouvelle architecture éducative s’installe. Les Clubs de Veille Citoyenne deviennent des laboratoires du civisme, où se construit une citoyenneté encadrée, normée et institutionnalisée dès le plus jeune âge.

Citoyenneté encadrée

Le communiqué précise que ces clubs ont pour mission de « promouvoir le Serment du Citoyen, valoriser l’histoire nationale et encourager le dialogue pour consolider la cohésion sociale ». Une ingénierie morale de la citoyenneté qui inscrit l’école au cœur du projet national.

École disciplinée

Sous la supervision des chefs d’établissement, les CVC fonctionnent dans un cadre « strictement éducatif, apolitique et respectueux de la parité ». L’école devient ainsi un espace de régulation sociale, où la discipline et l’engagement se construisent simultanément.

Hygiène civique

Parallèlement, une circulaire ministérielle impose de nouvelles mesures d’hygiène : gestion des déchets, sensibilisation environnementale et assainissement des établissements. Le texte insiste sur « la mise en place de systèmes de gestion des déchets et des activités régulières de sensibilisation ».

Nation formatée

Au-delà des murs scolaires, l’ambition est nationale : transformer les comportements citoyens. Le communiqué souligne que cette politique s’inscrit dans le Plan quinquennal 2024–2029 visant à faire de la citoyenneté un axe stratégique du développement durable.

Dans cette logique, l’éducation devient un instrument de transformation sociale. Comme l’affirme Paulo Freire : « L’éducation ne change pas le monde, elle change les personnes qui changent le monde. »

Mais cette vision résonne aussi avec la mise en garde de Michel Foucault : « Là où il y a pouvoir, il y a résistance. » L’institutionnalisation du civisme interroge donc la frontière entre formation citoyenne et encadrement normatif.

Ainsi, l’école congolaise devient un espace stratégique où se joue bien plus que l’apprentissage : la fabrication du citoyen. Une fabrique silencieuse mais décisive, où l’avenir social se construit autant par les savoirs que par les valeurs imposées. Comme le rappelle Nelson Mandela : « L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde. »

Didier BOFATSHI / VFI7, voltefaceinfos7.com

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