
L’argent des équilibres brisés
Devant le Sénat, jeudi 14 mai 2026 à Kinshasa, le ministre des Finances Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi a annoncé une enveloppe de 20 millions USD destinée à l’opérationnalisation de la Caisse nationale de péréquation. Selon l’information consultée sur Opinion Info par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, cette structure doit réduire les inégalités de développement entre provinces et renforcer la redistribution des ressources nationales. Face aux sénateurs, le ministre a rappelé les mécanismes constitutionnels liés à la rétrocession des 40 % des recettes publiques. « L’État peut retenir provisoirement certaines ressources avant le transfert des charges », a-t-il expliqué.
Kinshasa garde le coffre
Derrière cette annonce budgétaire apparaît une bataille silencieuse autour du contrôle des finances publiques. Les provinces réclament davantage d’autonomie financière pendant que le pouvoir central tente de préserver les équilibres macroéconomiques. « L’inégalité est un choix politique autant qu’économique », écrivait Joseph Stiglitz. En RDC, cette fracture nourrit depuis des années les tensions entre provinces riches, enclavées et marginalisées.
Le fantôme des biens zaïrianisés
Les débats ont également ravivé le dossier sensible des biens zaïrianisés. Une mémoire économique encore brûlante. Plusieurs sénateurs ont exigé davantage d’éclaircissements sur la gestion patrimoniale et les finances provinciales.
Sous la coordination du COREF, un atelier stratégique devra désormais définir les mécanismes de fonctionnement de la caisse.
La République des disparités
L’annonce des 20 millions USD ressemble à une promesse de réparation territoriale. Mais pour plusieurs observateurs, le véritable défi reste la transparence et l’efficacité de la gouvernance publique.
« Le développement consiste à élargir les libertés réelles », rappelait Amartya Sen. En RDC, ces libertés commencent souvent par une route praticable, une école financée ou une province capable de gérer ses propres ressources. Le débat sénatorial a été reporté de 48 heures. Comme un symbole. Car derrière les chiffres, c’est toute la question de la justice économique nationale qui continue de hanter les couloirs de la République.
Didier BOFATSHI
