RDC : Le mirage numérique ou l’aube d’une souveraineté en feu

Dans le vacarme silencieux des réseaux, une date circule sans sceau officiel, mais lourde de sens : le 19 mars. Ni consacrée par l’Organisation des Nations unies, ni adossée à un événement fondateur, elle s’impose pourtant comme un miroir troublant des ambitions numériques contemporaines. En République Démocratique du Congo, ce repère informel devient un révélateur puissant : celui d’un pays suspendu entre accélération technologique et fragilité structurelle. « Les symboles précèdent souvent les politiques », observe Hans Boyeye, conseiller numérique de la rectrice de l’UPN. Derrière la date, une tension : celle d’un numérique adopté sans être pleinement maîtrisé.

Symbole sans racine, feu sans foyer

Le 19 mars n’est pas une origine, mais une propagation. Il vit par circulation, non par décret. Comme l’écrivait Manuel Castells, « le pouvoir s’exerce à travers les réseaux ». La date devient alors un fait social diffus, une balise mouvante dans l’océan digital. Hans Boyeye tranche : « Ce que la loi n’institue pas, la société peut l’imposer. Mais sans cadre, l’élan se disperse. »

Connexion en éclats, modernité fragmentée

Des millions de connexions, et pourtant une fracture béante. La RDC avance, mais en archipel. Le numérique y dessine une cartographie inégale, confirmant la thèse de Jan van Dijk sur « l’accès différencié à l’information ». « Chaque avancée masque une exclusion », alerte Hans Boyeye. Smartphones en main, mais infrastructures vacillantes : la modernité numérique s’installe sans fondations solides.

L’ivresse technologique, ou le piège invisible

L’illusion est séduisante : croire que la technologie sauve. Mais Evgeny Morozov met en garde contre le « solutionnisme technologique ». En RDC, l’usage précède la maîtrise, la consommation devance la création. « Nous avons adopté les outils avant de construire l’écosystème », confie Hans Boyeye. Une modernité importée, presque mimétique, où l’innovation locale peine à éclore.

Université ou fabrique du futur confisqué

Dans ce tumulte, l’université demeure un bastion stratégique. Pourtant, elle hésite entre transmission et production. Or, comme le souligne Shoshana Zuboff, « contrôler les données, c’est gouverner l’avenir ». Hans Boyeye insiste : « Former sans produire, c’est organiser la dépendance. L’UPN doit devenir un foyer d’innovation, pas un simple relais. »

Le vertige d’un choix historique

Le 19 mars, loin d’être anecdotique, expose une vérité nue : le numérique congolais est à la croisée des chemins. Il peut libérer ou assujettir, structurer ou fragmenter. « Un phénomène non gouverné ne développe pas un pays, il le traverse », avertit Hans Boyeye.

L’enjeu n’est plus technique, mais civilisationnel. Et la chute s’écrit déjà dans les marges du présent. Comme le rappelait Clay Shirky : « La technologie ne détermine rien. Ce sont les usages qui font les révolutions. » Reste à savoir si la RDC écrira la sienne… ou la subira.Top of Form

RTNC / VF7, voltefaceinfos7.com

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *