Le gouvernement de la République démocratique du Congo reconnaît des retards dans le paiement des salaires des agents et fonctionnaires publics, conséquence directe de tensions persistantes sur la trésorerie nationale depuis le
début de l’année. La situation affecte plusieurs catégories d’agents de l’État, y compris des secteurs prioritaires comme l’enseignement, la police et l’armée.
Chaque mois, l’État congolais doit mobiliser plus de 500 millions de dollars pour couvrir la masse salariale. Mais au cours des derniers mois, de nombreux fonctionnaires ont dû attendre plusieurs semaines avant de percevoir leur paie. Certains enseignants n’ont commencé à être payés que récemment, tandis que d’autres agents restent encore dans l’attente.
Une trésorerie fragilisée
Selon les autorités financières, ces retards sont liés à la faiblesse saisonnière des recettes publiques durant le premier trimestre. Les rentrées fiscales restent traditionnellement faibles en début d’année, avant d’augmenter à partir d’avril avec le paiement de l’impôt sur les bénéfices des entreprises.
Dans ce contexte, les tensions sur la trésorerie ont un impact direct sur la capacité de l’État à honorer régulièrement ses engagements envers ses agents.
Une masse salariale sous surveillance
Le Fonds monétaire international avait déjà alerté les autorités congolaises sur la croissance rapide de la masse salariale, qui représente désormais plus de la moitié des recettes courantes du pays. Une situation jugée préoccupante pour l’équilibre budgétaire.
À cette pression structurelle s’ajoutent des dépenses jugées prioritaires, notamment celles liées à la crise sécuritaire dans l’est du pays et à l’assistance humanitaire aux populations déplacées.
Audit et lutte contre les agents fictifs
Face à ces difficultés, le gouvernement a lancé un audit de la paie des agents publics afin de détecter les irrégularités et d’assainir la gestion salariale. L’opération est conduite sous la supervision de la Première ministre avec l’appui de l’Inspection générale des finances.
L’objectif est d’identifier les doublons et les agents fictifs dans les effectifs de l’administration. Les conclusions de cet audit sont attendues dans les prochaines semaines.
Dans un pays où l’administration publique emploie plusieurs centaines de milliers d’agents, la régularité du paiement des salaires demeure un enjeu central pour la stabilité sociale et la crédibilité financière de l’État.
RFI, via voltefaceinfos7.com