Le grondement des fondations

À Kinshasa, le mercredi 24 juin, le débat constitutionnel a pris les allures d’un véritable tremblement politique. Dans une déclaration publique, les dirigeants du Mouvement du Réveil ont rejeté toute révision partielle de la Constitution et exigé son remplacement intégral. Dans la foulée, ils ont appelé le président Félix Tshisekedi à promulguer sans délai la loi référendaire déjà adoptée par le Parlement, estimant que « plus de 80 % des Congolais soutiennent ce changement ».

Quand le texte sacré vacille

Pour ce mouvement, l’heure n’est plus aux retouches mais à la reconstruction. « Nous rejetons toute révision partielle de la Constitution », affirment ses responsables. Derrière cette position se dessine une critique implicite du cadre institutionnel actuel, jugé incapable de répondre aux défis de gouvernance et aux aspirations populaires.

Cette revendication replace au centre du débat la question de la souveraineté populaire. Comme l’écrivait Jean-Jacques Rousseau, « le peuple soumis aux lois doit en être l’auteur ». Une réforme constitutionnelle ne puise sa force que dans l’adhésion éclairée des citoyens.

Le peuple comme ultime arbitre

En réclamant la promulgation rapide de la loi référendaire, le Mouvement du Réveil mise sur l’expression directe de la volonté populaire. Le référendum apparaît ainsi comme la clé d’une nouvelle architecture institutionnelle.

Toutefois, dans une démocratie, les affirmations de soutien massif exigent transparence et vérification. Robert Dahl rappelait que « la démocratie exige non seulement la participation, mais aussi l’accès à une information éclairée ».

L’horizon d’une nouvelle République

Au-delà du débat juridique, c’est l’avenir du pacte national qui se joue. La Constitution demeure le miroir des ambitions collectives et le socle de la stabilité républicaine. Toute réforme engage donc les générations présentes et futures.

L’enjeu n’est pas seulement de changer un texte, mais de bâtir un consensus capable de renforcer l’État de droit et l’unité nationale. Car, comme le soulignait Montesquieu, « tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ».

À mesure que s’intensifie le débat, une certitude s’impose : la force d’une Constitution réside moins dans les mots qu’elle contient que dans la confiance qu’elle inspire. Et cette confiance, pour reprendre Alexis de Tocqueville, demeure « le premier capital des peuples libres ». La suite dépendra désormais de la capacité des acteurs politiques à transformer la confrontation des idées en projet commun pour la République.

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

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