
Consultée par la rédaction de voltefaceinfos7.com sur le site de l’ACP, l’information acte une décision majeure : la justice de la République démocratique du Congo a reconnu, lundi 20 avril à Kinshasa, Didier Mazenga Mukangazu comme unique secrétaire général du Parti lumumbiste unifié (Palu). Prononcée au terme d’un contentieux né après la disparition de Antoine Gizenga, cette reconnaissance vise à mettre fin aux luttes internes opposant la direction issue du congrès à la dissidence menée par Willy Makashi, avec pour enjeu central la légitimité politique et l’usage des symboles du parti.
Le marteau du juge, l’onction du pouvoir
À Kinshasa, lors d’un point de presse animé lundi, le collectif des avocats du Palu a donné le ton : « Il n’existe qu’un seul Palu. Il n’existe qu’un seul secrétaire général légitime : Didier Mazenga Mukangazu. La question est définitivement tranchée sur le plan juridique », a déclaré Me Fidèle Bula. Dans cette mise en scène du droit, la justice ne se contente pas d’arbitrer : elle consacre. Comme le pensait Max Weber, la légitimité moderne s’enracine dans la règle et ici, la règle sacre un homme.
La parole qui scelle, le droit qui exile
Le même jour, toujours à Kinshasa, les avocats ont précisé le motif : faire cesser l’usage « illégal » du nom et des emblèmes du parti. « Toute utilisation illégale constitue une violation de la loi… une plainte a été déposée pour usurpation de pouvoir et usage de faux », a insisté Me Bula, visant explicitement le camp Makashi.
Dans cette dynamique, le droit agit comme un langage performatif. Pierre Bourdieu l’expliquait : nommer, c’est instituer. Ici, nommer Mazenga, c’est exclure l’autre.
Les cendres de Gizenga, le feu des héritiers
La crise trouve sa source dans un passé encore incandescent : la succession du patriarche Antoine Gizenga.
Après son décès, un congrès extraordinaire organisé pour restaurer l’unité avait élu Mazenga à l’unanimité. Mais la contestation n’a jamais cessé. « Le Palu reste engagé dans sa mission politique au service de la Nation », ont rappelé les avocats, esquissant une perspective de réunification. Pourtant, comme le souligne Achille Mbembe, le pouvoir en Afrique reste indissociable de la mémoire et celle-ci demeure disputée.
Le prétoire comme champ de bataille
Le différend, porté devant le Tribunal de grande instance de Kinshasa-Matete puis jusqu’à la Cour de cassation de la RDC, a épuisé toutes les voies de recours. « Les décisions de justice ne se commentent pas, elles s’appliquent », a martelé Me Bula, dénonçant un refus d’obtempérer de la partie adverse. Dans cette judiciarisation du politique, Alexis de Tocqueville trouve un écho saisissant : toute grande querelle politique finit devant le juge.
À Kinshasa, en ce lundi décisif, la justice a parlé avec autorité. Mais derrière la clarté du droit subsiste l’ombre des rivalités. Le Palu est fixé juridiquement, mais politiquement encore en tension.
Et tandis que les institutions referment le dossier, une interrogation persiste : l’unité peut-elle naître d’un verdict ?
Victor Hugo semble répondre à distance : « la forme, c’est le fond qui remonte à la surface ». Au Palu, la forme est juridique mais le fond, lui, reste incandescent.