
Lundi 20 avril 2026, la deuxième édition de l’ouvrage « La protection des données à caractère personnel en République démocratique du Congo », coécrit par Coco Kayudi Misamu et Jean-François Henrotte, a été présentée lors d’un vernissage réunissant juristes, étudiants et acteurs du numérique. Objectif : alerter sur les risques liés à l’exploitation des données personnelles, à l’heure de l’essor du numérique et de l’application du Code du numérique de 2023 en RDC.
La vie mise à nu, l’urgence d’un bouclier
Dans une salle attentive à Kinshasa, le bâtonnier Coco Kayudi Misamu a posé le diagnostic sans détour :
« Aujourd’hui, notre vie repose largement sur les données personnelles… il est essentiel de comprendre comment elles sont collectées, traitées et protégées ».
Le livre agit ici comme un rempart intellectuel face à une exposition croissante des individus. Comme le dirait Michel Foucault, « savoir, c’est pouvoir » et dans l’univers numérique, savoir protéger devient survivre.
Données : l’or invisible qui attise les convoitises
Prenant la parole, Jean-François Henrotte a durci le ton : « Nous exposons une grande partie de notre vie… il est impératif que ces informations soient protégées, afin que nous ne devenions pas de simples objets de convoitise ».
Dans cette économie de la donnée, l’individu risque de se dissoudre en marchandise. Shoshana Zuboff l’avait théorisé : « le capitalisme de surveillance revendique l’expérience humaine comme matière première ».
Le Code numérique, ou la promesse d’un rempart fragile
Cette nouvelle édition s’ancre dans les évolutions du Code du numérique de 2023 en RDC, désormais cadre de référence. Elle ambitionne d’armer citoyens et institutions face aux dérives potentielles. Mais entre texte et application, le fossé reste à combler. Montesquieu avertissait déjà : « il ne suffit pas que les lois soient justes, il faut qu’elles soient exécutées ».
Kinshasa, épicentre d’une révolution silencieuse
Le vernissage devient alors plus qu’un événement académique : un signal d’alarme. Dans une RDC en pleine mutation digitale, la question n’est plus théorique, elle est existentielle.
Former, sensibiliser, anticiper tels sont les leviers esquissés par les auteurs pour éviter une dérive incontrôlée. Ici encore, Marshall McLuhan résonne : « nous façonnons nos outils, puis ce sont eux qui nous façonnent ».
À Kinshasa, la présentation de cet ouvrage dépasse le cadre littéraire : elle sonne comme une mise en garde. Le numérique avance, rapide, vorace, inarrêtable mais la protection juridique peine à suivre. Entre promesse technologique et menace invisible, la RDC se trouve à un carrefour critique.
Et comme pour sceller cet instant, George Orwell rappelle, en écho glaçant : « celui qui contrôle le présent contrôle le passé ». Dans l’ère des données, reste à savoir : qui contrôlera nos vies numériques ?