
Une rupture nette avec la violence, un basculement stratégique
En République démocratique du Congo, l’opposition menée autour de Moïse Katumbi, par la voix d’Olivier Kamitatu, tranche avec fermeté : « Nous ne prendrons pas les armes. Nous ne ferons pas une rébellion armée ». Une déclaration faite lors d’un Space live animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, et relayée dans un contexte de fortes tensions politiques. Cette prise de position intervient dans un climat marqué par les débats sur la Constitution, les accusations de radicalisation politique et les recompositions des forces d’opposition.
La Constitution, nouveau champ de bataille national
Derrière le refus de la violence armée se dessine un déplacement stratégique du conflit politique. La rue cède la place au texte fondamental. La balle n’est plus militaire, elle devient juridique.
Kamitatu appelle les Congolais à s’approprier la Constitution comme un bien commun, transcendant les clivages partisans. Une invitation à transformer la Loi fondamentale en espace de résistance politique et de mobilisation citoyenne.
« La Constitution est la loi des lois », rappelait Montesquieu, soulignant sa place centrale dans l’architecture de l’État.
Une opposition en recomposition symbolique
La convergence évoquée entre le C64, « Sauvons la RDC » et d’autres acteurs politiques traduit une tentative de structuration d’un front légaliste. Ici, la contestation se veut institutionnelle, non armée, mais profondément conflictuelle dans son registre.
Cette dynamique illustre une opposition qui change de terrain sans renoncer au combat politique : elle quitte le champ militaire pour investir celui des normes, des principes et de la légitimité.
Mukwege, Rousseau et la bataille du droit
En citant le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege, Kamitatu ancre son discours dans une légitimité morale : le respect de la Constitution devient condition de stabilité nationale dans un pays encore marqué par les guerres et les fractures sociales.
« La loi est l’expression de la volonté générale », écrivait Jean-Jacques Rousseau, rappelant que la Constitution n’est pas un instrument de pouvoir, mais un contrat collectif.
La guerre des armes cède la place à la guerre des normes
Le refus de la violence armée ne met pas fin au conflit politique en RDC : il en redéfinit la nature. Désormais, la Constitution devient le principal champ de bataille. « Les grandes batailles des nations sont d’abord des batailles d’idées », rappelait Alexis de Tocqueville.
Et une interrogation persiste, tranchante comme une ligne de fracture : qui écrira la Constitution de demain le pouvoir, l’opposition, ou la nation elle-même ? « Le pouvoir ne se prend pas seulement par les armes, mais par les mots », écrivait Michel Foucault, rappelant que toute domination commence par une narration.
Didier BOFATSHI

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