RDC : Kabuya déclenche la tempête constitutionnelle, Kinshasa au bord d’un nouveau séisme politique

Le feu sous la Constitution

À Kinshasa, lors d’une conférence de presse organisée au siège de l’UDPS hier lundi 25 mai 2026, Augustin Kabuya a rallumé une braise longtemps enfouie dans les entrailles politiques de la République démocratique du Congo. Le président intérimaire du parti présidentiel a annoncé le lancement des consultations nationales de la Coalition des Congolais pour le changement de la Constitution (C-4), affirmant sans détour : « Nous allons changer cette Constitution ». Cette initiative sera déployée dans les 145 territoires et les 26 provinces du pays.

Le palais et les braises

Derrière les mots, une onde de choc politique. Le pouvoir présente cette réforme comme l’accomplissement d’une promesse historique. « L’UDPS avait promis au peuple congolais qu’une fois au pouvoir, nous allons toucher à cette Constitution », a insisté Augustin Kabuya. Mais dans les couloirs de l’opinion, la méfiance enfle. Chaque débat constitutionnel en Afrique réveille le spectre des équilibres fragiles et des ambitions prolongées. Le philosophe Montesquieu avertissait : « Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser. » Une phrase qui résonne aujourd’hui comme un glas au-dessus du fleuve Congo.

Article 64, le verrou des tempêtes

Face à cette offensive, l’opposition a sorti ses remparts : la Coalition Article 64. Pour ses animateurs, toucher à la Constitution revient à ouvrir une faille dans l’édifice démocratique. Le texte fondamental devient ainsi un champ de bataille symbolique où s’affrontent réforme et résistance, mémoire et conquête. Le juriste Hans Kelsen rappelait que « la Constitution est le fondement de l’ordre juridique de l’État ». En modifier les lignes revient à déplacer les plaques tectoniques de la République.

Quand la nation retient son souffle

Au-delà des états-majors politiques, une question traverse silencieusement les rues de Kinshasa : la priorité du peuple est-elle constitutionnelle ou sociale ? Entre chômage, insécurité et précarité, beaucoup redoutent que le débat institutionnel ne devienne un théâtre de diversion.

Dans cette bataille des récits, le journalisme demeure un rempart de lucidité. Informer sans incendier. Éclairer sans manipuler. Car, comme l’écrivait Jean-Jacques Rousseau : « Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître. » Et pendant que la classe politique aiguise ses arguments, la Constitution congolaise continue de flotter comme une digue fragile au milieu des orages du pouvoir.

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

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