
À Paris, une nouvelle étape de la coopération militaire entre la République démocratique du Congo et la France a été franchie lors d’une rencontre entre le vice-Premier ministre congolais de la Défense, Guy Kabombo Muadiamvita, et son homologue française Catherine Vautrin. Dans un contexte de crises sécuritaires persistantes dans l’Est de la RDC, Kinshasa a réclamé un partenariat « exigeant, concret et orienté vers des résultats mesurables », axé sur la formation, les réformes et le renforcement opérationnel des FARDC, selon les informations du ministère congolais de la Défense.
Dès l’ouverture des échanges à l’Hôtel de la Défense française, la RDC a posé le ton : la coopération militaire doit désormais entrer dans une phase d’efficacité accrue. Guy Kabombo Muadiamvita a insisté sur la nécessité d’un partenariat dépassant les cadres traditionnels. « Face à la persistance des crises sécuritaires dans l’Est de la RDC, nous devons bâtir un partenariat exigeant et orienté vers des résultats tangibles », a-t-il souligné, appelant à une transformation qualitative de l’appui français.
L’Est congolais, matrice d’une urgence sécuritaire
Au cœur des discussions, la situation dans l’Est de la RDC, toujours marquée par les affrontements impliquant notamment la rébellion de l’AFC/M23, ainsi que l’activisme des ADF et d’autres groupes armés. Pour Kinshasa, cette réalité impose une réponse structurée, durable et mesurable, loin des simples engagements de principe.
Réformer l’armée, reconstruire la dissuasion
Les deux parties ont également abordé la réforme profonde des Forces armées de la RDC (FARDC). L’objectif affiché par le gouvernement congolais est clair : bâtir une armée « structurée, professionnelle et dissuasive », capable de défendre l’intégrité territoriale. La formation spécialisée, l’appui doctrinal et le renforcement des capacités opérationnelles ont été placés au centre de cette transformation.
Une coopération historique en mutation
Kinshasa a rappelé l’ancienneté des relations militaires bilatérales, fondées notamment sur l’accord de coopération de 1974. Cette base historique est désormais appelée à être modernisée pour s’adapter aux défis sécuritaires contemporains, dans une logique de résultats et de responsabilité partagée.
Paris réaffirme son engagement stratégique
De son côté, la ministre française des Armées, Catherine Vautrin, a réaffirmé la disponibilité de la France à accompagner la professionnalisation des FARDC et les efforts de stabilisation dans l’Est de la RDC et la région des Grands Lacs. Un soutien qui s’inscrit également dans les dynamiques régionales de sécurité, notamment dans les cadres multilatéraux comme le G7++ sur la sûreté maritime.
Cette rencontre marque un tournant assumé par Kinshasa : la coopération sécuritaire ne peut plus se limiter à l’intention, mais doit désormais produire des résultats visibles sur le terrain. « La crédibilité d’un partenariat se mesure à ses effets », résume l’esprit des discussions. Et dans cette exigence de performance internationale, la pensée de Carl von Clausewitz résonne avec force : « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. »