
Justice tardive, mémoire brûlante
La Cour de cassation belge a définitivement confirmé la condamnation de l’État belge pour des faits liés à la colonisation en République démocratique du Congo. Selon Afrik-Info.cd, la décision valide un arrêt de 2024 en faveur de cinq femmes métisses arrachées à leurs familles entre 1948 et 1952. L’État est désormais contraint à réparation financière, après des décennies de silence judiciaire.
Les enfants arrachés de l’histoire
Au cœur du dossier : des pratiques de ségrégation raciale, des enlèvements forcés et des placements en institutions religieuses. Des faits qualifiés de crimes contre l’humanité par les plaignantes et désormais reconnus par la justice. Une mémoire longtemps fragmentée refait surface dans l’espace public européen et africain.
L’onde de choc d’un verdict colonial
Cette décision ouvre une brèche juridique et symbolique. Elle relance le débat sur les réparations, la responsabilité historique des anciennes puissances coloniales et la reconnaissance des souffrances structurelles. « La mémoire n’est jamais neutre, elle est un champ de bataille », écrivait Paul Ricoeur, rappelant la tension entre oubli institutionnel et vérité historique.
Le passé qui juge le présent
Dans ce procès du temps long, la colonisation cesse d’être un récit figé. Elle devient une matière vivante du droit contemporain. Les historiens rappellent que les archives ne dorment jamais vraiment : elles attendent leur heure.
Comme l’affirmait Aimé Césaire, « une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente ». Ce verdict résonne ainsi comme un miroir tendu à l’Europe, face à son propre héritage colonial.
Didier BOFATSHI
