À Kinshasa, la pollution plastique bouleverse la pêche artisanale et pousse certains pêcheurs à valoriser les déchets qu’ils retirent du fleuve.
À Kinshasa, des pêcheurs constatent une baisse de leurs prises et davantage de déchets dans leurs filets. Selon leurs témoignages, le plastique perturbe désormais leur activité. Des études scientifiques confirment, elles, une contamination plastique du système du Pool Malebo.
Le fleuve Congo confronté à la pollution plastique
Publié le 10 septembre 2026, le reportage situe le phénomène autour de Kinshasa. Le pêcheur Jilby Mwanufioti, qui exerce depuis 40 ans, décrit une évolution de ses prises : « Il n’y a que du fretin, des petits poissons… Avant, je pêchais des gros poissons, mais les poissons ont fui à cause du plastique. »
Cette affirmation relève du constat d’un pêcheur. Elle ne prouve pas, à elle seule, que le plastique constitue l’unique cause de la baisse des captures.
Une étude publiée par des chercheurs de l’Université de Kinshasa a toutefois relevé 778 déchets plastiques dans la rivière N’djili. Les pêcheurs interrogés signalent notamment des captures massives de plastique et des dégâts sur leur matériel.
Des poissons aux déchets : une économie qui bascule
Dans le Pool Malebo, une autre étude scientifique a retrouvé des microplastiques dans les tubes digestifs de tous les poissons échantillonnés. Elle a porté sur la zone comprise entre Maluku et Kinsuka.
Le phénomène produit aussi une conséquence économique. Certains pêcheurs collectent désormais le plastique pour le vendre aux entreprises de recyclage.
Vincent Kunda, directeur de l’ONG Kongo River, alerte : « Il y a beaucoup à faire, mais sans prise de conscience, on risque quand même de perdre tout ce patrimoine ».
Un enjeu environnemental et économique
Le ministère du Plan présente le complexe du fleuve Congo et de ses affluents comme disposant d’un potentiel halieutique important.
L’enjeu dépasse donc la seule propreté du fleuve. Il touche l’alimentation, les revenus et la préservation des ressources aquatiques.
Rachel Carson écrivait :« Dans la nature, rien n’existe isolément. » À Kinshasa, la pollution du fleuve relie directement déchets, poissons, pêcheurs et économie locale.
La question demeure : combien de temps le fleuve pourra-t-il nourrir les communautés riveraines si ses déchets deviennent plus rentables que ses poissons ?
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RFI / VFI7

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