Le voile tombe sur le marché des devises
Kinshasa, 13 juillet 2026. La Banque Centrale du Congo (BCC) a franchi une nouvelle étape dans la réforme du change en RDC en imposant l’identification obligatoire des clients et la délivrance d’un bordereau après chaque transaction. Cette décision, annoncée lors d’une réunion stratégique avec les cambistes agréés et la COPCAM, vise à renforcer la transparence, protéger les usagers et réduire les circuits financiers clandestins.
Consultée auprès de l’Okapi.net, cette information révèle une volonté claire de l’institut d’émission : placer la traçabilité au cœur de la circulation des devises.
Les billets désormais sous contrôle
Désormais, aucun cambiste ne pourra effectuer une opération sans vérifier une pièce d’identité valide. De plus, chaque échange devra être accompagné d’un document précisant le montant, les devises concernées et le taux appliqué.
Ainsi, le bordereau devient la mémoire du marché. Il transforme une transaction rapide en une opération identifiable, vérifiable et juridiquement encadrée.
Comme l’affirmait l’économiste Joseph Stiglitz, « l’information est un pouvoir ». En matière financière, cette information devient un rempart contre les zones grises.
La traçabilité, nouvelle arme économique
Derrière cette réforme administrative se cache un enjeu stratégique : combattre le blanchiment des capitaux, limiter les pratiques frauduleuses et renforcer la confiance dans le système financier national.
Cependant, la réussite de cette politique dépendra de la capacité des autorités à appliquer les règles avec efficacité, tout en évitant d’alourdir les démarches pour les citoyens ordinaires.
Vers une nouvelle discipline financière
La BCC veut désormais éloigner le marché des devises de l’informel pour l’inscrire dans une logique de responsabilité économique. Les contrôles annoncés devront confirmer cette ambition.
« La confiance ne se décrète pas, elle se construit », rappelait l’économiste Kenneth Arrow. En éclairant les zones obscures du change manuel, la RDC ouvre ainsi un chantier essentiel : faire de la transparence monétaire un pilier de sa souveraineté économique.

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