Faible affluence, message brouillé, responsabilités contestées. Après la marche de soutien à l’accord de Washington du 19 décembre, l’UDPS/Tshisekedi coupe net tout lien avec l’initiative. Derrière le désaveu, se dessinent les lignes de fracture d’une majorité qui peine à transformer le pouvoir institutionnel en ferveur populaire.
La rue, ce baromètre capricieux
La rue congolaise, longtemps thermomètre du pouvoir, est restée tiède. La marche voulue démonstrative n’a pas trouvé son souffle. Dans le silence des avenues clairsemées, un signal s’est imposé : la mobilisation ne se décrète plus, elle se conquiert. Et quand l’élan manque, la politique cherche ses responsables.
L’UDPS se retire du champ
Dans un communiqué sans ambiguïté, l’UDPS/Tshisekedi a décliné toute implication. Augustin Kabuya, secrétaire général et président ad intérim du parti, affirme n’avoir été ni informé ni associé à l’organisation portée par le secrétariat permanent de l’Union sacrée. Le message est clair : cette marche « n’engage ni le parti ni la popularité du Président Félix Tshisekedi ».
Statuts comme ligne de front
Au-delà du désaveu, l’UDPS rappelle la règle d’or : seul le secrétaire général est habilité à engager le parti. Une mise au point statutaire, presque chirurgicale, qui sonne comme un rappel à l’ordre dans une coalition où l’initiative semble parfois devancer la concertation.
Une coalition à l’épreuve du réel
Ce recul stratégique protège l’image présidentielle, mais expose une fragilité plus large : l’Union sacrée peine à parler d’une seule voix et à mobiliser sans l’ossature UDPS. Le pouvoir demeure, l’adhésion vacille.
En creux, la marche manquée révèle moins un désamour qu’un avertissement : sans pédagogie politique, la rue reste sourde. Et sans coordination, la majorité s’effrite, pas à pas.
Didier BOFATSHI