Mandala City: La cité des anciens “Kuluna” devenue vitrine d’un État bâtisseur

À Kaniama Kasese, le Service national (RDC) a achevé en mars 2026 la construction de « Mandala City », une cité moderne sortie de terre en douze mois. Composée de logements, d’infrastructures sportives et d’espaces institutionnels, elle symbolise une politique de réinsertion par le travail, mobilisant d’anciens délinquants dits « Kuluna » devenus bâtisseurs, dans une dynamique de transformation sociale et territoriale portée par l’État congolais.

Une cité née de la rédemption et du béton

Sur les terres de Mandala, une ville neuve s’élève, disciplinée, ordonnée. 24 appartements, 72 chambres, des espaces de vie fonctionnels : la matérialisation d’un projet où la main d’hier devient l’outil de demain. « L’homme se construit en construisant le monde », écrivait Simone Weil. Ici, la phrase prend corps dans le ciment.

Un centre de pouvoir au cœur du territoire

Mandala City n’est pas qu’un ensemble résidentiel. Elle intègre une salle de conférence capable d’accueillir le Conseil des ministres, un bureau présidentiel et des infrastructures de haut niveau. Une centralité nouvelle se dessine hors des grandes métropoles. Pour Henri Lefebvre, l’espace est toujours politique : ici, l’architecture devient prolongement de l’État.

Du “Kuluna” au bâtisseur : la métamorphose sociale

Le symbole est fort : des anciens délinquants reconvertis en ouvriers du développement. Une trajectoire de rupture et de réinvention. « Rien n’est plus puissant qu’une vie transformée », affirmait Nelson Mandela. Le Service national impose ici une grammaire nouvelle : celle de la discipline productive.

Sport, pouvoir et modernité intégrée

Au-delà des bâtiments administratifs, la cité intègre terrains de sport, piscine et espaces de détente. Basket-ball, volley-ball, tennis : une vision complète du développement, mêlant gouvernance et loisirs. Une modernité planifiée, presque symbolique, où l’État se projette dans l’espace et dans le temps.

Mandala City se présente comme un laboratoire : celui d’une réinvention sociale par le travail, d’une reconversion par l’effort collectif. Mais au-delà du projet, une question demeure : cette transformation est-elle durable ou exemplaire ?

« Les sociétés ne changent pas par décret, mais par transformation des hommes », rappelait Amartya Sen. Et dans cette cité nouvelle, une autre voix résonne en filigrane, celle de Victor Hugo : « Il n’est rien de plus fort qu’une idée dont le temps est venu ».

Didier BOFATSHI

7 sur 7 / voltefaceinfos7.com

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