À Maluku, à l’Est de Kinshasa, l’industrialisation cesse d’être une promesse abstraite. En présidant le Comité de pilotage des Zones économiques spéciales (ZES) directement sur le site pilote, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a donné corps à une stratégie centrale du Programme d’actions du gouvernement 2024-2028 : produire localement pour employer durablement. Entre machines, emplois et formation, la politique économique se mesure désormais au bruit des chaînes de production.
Quand la politique industrielle descend sur le terrain
Maluku n’est plus un point sur une carte administrative. C’est un terrain d’expérimentation économique. En choisissant le suivi in situ, le gouvernement fait un pas décisif : l’industrialisation ne se pilote plus uniquement depuis les bureaux climatisés, elle s’observe, se corrige et s’évalue au contact des réalités productives.
Les ZES s’imposent ainsi comme l’ossature du projet économique national. Leur mission est claire : transformer les matières premières, réduire la dépendance aux importations et installer une base industrielle capable de soutenir la croissance. À Maluku, les unités déjà opérationnelles témoignent d’un changement d’échelle : l’État passe du discours à la mécanique.
L’emploi, mesure réelle de la réussite économique
Au cœur de cette stratégie, un indicateur domine tous les autres : l’emploi. Chaque usine ouverte est une brèche dans le chômage urbain. Chaque poste créé est une digue contre la précarité. Les ZES de Maluku génèrent des emplois directs et indirects, structurent des revenus et redessinent l’économie locale.
Mais l’impact social ne se limite pas aux chiffres. Il se lit dans la formalisation du travail, la stabilité des revenus et l’émergence d’une main-d’œuvre industrielle, longtemps absente du paysage congolais. Ici, la politique économique prend un visage humain.
Former pour produire, produire pour durer
L’autre pilier silencieux des ZES est la formation. Les chaînes de production deviennent des écoles pratiques. Les entreprises forment, transfèrent des compétences et façonnent un capital humain adapté aux besoins industriels. La formation cesse d’être un secteur isolé ; elle s’imbrique dans la stratégie de croissance. Maluku incarne ainsi une équation nouvelle : industrialisation, emploi et compétences avancent ensemble. Si le modèle tient, il pourrait être répliqué ailleurs. Si l’emploi se consolide, la politique industrielle gagnera sa légitimité sociale.
À Maluku, l’économie congolaise se raconte désormais à hauteur d’ouvrier. Et l’État, à hauteur de résultats.
Didier BOFATSHI