À Kharkiv, une frappe a détruit des millions de livres. À l’approche de la rentrée, des manuels scolaires manquent déjà. Pour les éditeurs, le choc est économique et humain. Pour l’Ukraine, l’enjeu dépasse les stocks. Les livres transmettent aussi une langue, une mémoire et des savoirs.
Livres en Ukraine : un entrepôt détruit
Le 1er août, un entrepôt de Kharkiv a été détruit. Selon RFI, huit millions d’ouvrages sont partis en fumée. Plus d’un million de manuels attendaient leur distribution.
Viktor Kruhlov dirige la maison d’édition Ranok. Il décrit le site : « métal, papier, béton, tout a complètement fondu ».
Nata Protas, dirigeante de Zhorzh, dit avoir perdu 400 000 livres. « Cela détruit mon entreprise », affirme-t-elle, et évoque « la nation, le pays ».
Une culture frappée au-delà des bâtiments
L’UNESCO confirme les dégâts culturels. Au 15 juillet, elle recensait 541 sites culturels endommagés en Ukraine, dont 22 bibliothèques. Elle rappelle leur rôle dans la cohésion sociale.
Le droit international protège les biens culturels et les établissements éducatifs. L’UNESCO condamne les attaques qui les touchent.
Livres en Ukraine : l’école sous pression
La priorité devient le remplacement des ouvrages détruits. Les manuels scolaires passent avant les autres titres.
Cette crise révèle un enjeu : détruire des livres peut interrompre une transmission. George Orwell l’écrivait dans 1984 : « Qui contrôle le passé contrôle l’avenir ».
À Kharkiv, reconstruire les stocks devient une bataille pour la continuité éducative. Comment préserver cette mémoire quand la guerre frappe les lieux qui la transmettent ?
Didier BOFATSHI
RFI / VFI7

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