Kinshasa sous la machette : Les Mobondo frappent encore malgré les redditions

Les miliciens Mobondo au village Muluono, dans le groupement Mbakana.

Le sang au bord de la RN1

La violence replonge Kinshasa dans l’angoisse. Mardi matin, une attaque attribuée aux miliciens Mobondo a fait deux morts et un blessé grave sur la ferme Ndaku ya Pembe, dans la commune de Maluku, près du site de Grand Libulu, sur la Route nationale n°1.

Selon la 11e région militaire, les assaillants seraient des éléments restés fidèles au chef rebelle surnommé B52, actuellement détenu, et toujours réfractaires au processus de désarmement engagé depuis plusieurs mois. Les victimes, un couple, ont été tuées à coups de machette. Un jeune homme, grièvement blessé à la tête, a été évacué vers une structure sanitaire grâce à l’intervention des FARDC.

Le retour des ombres

Le porte-parole des opérations Ngemba, Antony Mualushayi, affirme que des patrouilles de combat ont été déployées pour traquer les auteurs de l’attaque. « Un calme précaire règne dans la zone », a-t-il indiqué. Cette nouvelle incursion ravive les inquiétudes autour de la persistance des poches armées Mobondo, malgré les redditions enregistrées ces derniers mois à Maluku, Kwamouth, Popokabaka et Kenge.

La paix inachevée

Le gouvernement avait pourtant présenté la dissolution du mouvement comme un tournant majeur après la mission de pacification conduite dans le Grand Bandundu. Plus de 600 ex-miliciens avaient été transférés à Kaniama Kasese dans le cadre du programme de démobilisation et de réinsertion. Mais cette attaque révèle les fragilités persistantes du processus sécuritaire. Derrière les cérémonies de reddition, des groupes résiduels continuent d’échapper au contrôle des autorités.

Le spectre de la balkanisation

Dans les zones périphériques de Kinshasa, la peur reste enracinée. La machette devient encore une fois le symbole d’une violence diffuse qui défie l’État et fragilise les populations rurales. Le philosophe Thomas Hobbes écrivait : « Sans sécurité, il n’y a ni industrie, ni culture, ni société. » À Maluku, cette réalité reprend brutalement corps. Entre désarmement inachevé, résurgence des groupes armés et calme sous tension, le conflit Mobondo rappelle que la paix proclamée ne signifie pas toujours la paix acquise.

Didier BOFATSHI

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