Ituri : Marc Ekila et Luboya Nkashama lancent une offensive pour l’emploi des jeunes à Bunia

Une alliance pour transformer la jeunesse en capital économique

À Bunia, en Ituri, le ministre d’État en charge de la Formation professionnelle et des Métiers, Marc Ekila, et le gouverneur militaire Johnny Luboya Nkashama ont scellé un partenariat stratégique en faveur de l’emploi des jeunes. À l’issue d’une visite officielle clôturée le 4 mai 2026, les deux autorités ont présenté une feuille de route axée sur la formation, la certification des compétences et la création d’infrastructures professionnelles, dans une province encore marquée par des défis sécuritaires mais engagée dans une dynamique de relance économique.

Certifier les compétences pour briser le chômage

Au cœur de cette initiative figure un objectif central : valoriser les acquis de l’expérience des jeunes déjà actifs afin de leur offrir une reconnaissance officielle sur le marché du travail. Le ministre Marc Ekila a insisté sur cette approche pragmatique, qui vise à sortir de la logique exclusive de formation académique pour intégrer les réalités du terrain. Cette stratégie s’inscrit dans une politique plus large de professionnalisation des métiers, destinée à renforcer l’employabilité des jeunes dans les secteurs productifs.

“Talent”, une nouvelle génération de centres de formation

Le programme prévoit également la mise en place d’infrastructures de formation baptisées « Talent », dédiées notamment aux métiers des transports et de la construction routière. Ces centres ambitionnent de répondre aux besoins concrets du marché du travail en dotant les jeunes de compétences techniques immédiatement exploitables. Pour le gouvernement, il s’agit de rapprocher la formation professionnelle des réalités économiques locales, en misant sur des filières porteuses et structurantes pour le développement de la province.

Le partenariat public-privé comme accélérateur

L’un des points saillants de cette mission réside dans l’implication du secteur privé, notamment la société Mont Gabon, identifiée comme partenaire clé du dispositif. Selon Marc Ekila, cette entreprise dispose d’infrastructures susceptibles de permettre une mise en œuvre rapide des formations, en particulier dans les techniques de construction routière. « Nous avons trouvé un bel exemple ici en Ituri avec la société Mont Gabon, qui va nous permettre d’être opérationnels rapidement », a déclaré le ministre. Ce modèle repose sur une articulation entre État et entreprises pour accélérer l’insertion professionnelle des jeunes.

Une province entre résilience et reconstruction

Au-delà des annonces économiques, cette mission ministérielle intervient dans une province encore confrontée à des défis sécuritaires persistants. Le gouverneur militaire Johnny Luboya Nkashama a été salué pour ses efforts de pacification et de stabilisation, perçus comme des conditions indispensables à toute dynamique de développement. Marc Ekila a, de son côté, décrit une jeunesse « dynamique » et une ville « qui se réveille et qui travaille », traduisant une volonté de mettre en avant les signaux de résilience locale.

Une vision de développement par les compétences

Cette initiative gouvernementale s’inscrit dans une stratégie nationale de lutte contre le chômage des jeunes par la formation et la certification des compétences. Elle traduit une volonté de transformer le capital humain en levier de croissance, dans un contexte où l’accès à l’emploi demeure l’un des principaux défis sociaux en République démocratique du Congo.

Comme le rappelait le sociologue Alain Touraine : « Le développement ne se mesure pas seulement à la production, mais à la capacité d’une société à produire des acteurs. » En Ituri, cette logique semble désormais au centre de l’action publique.

Entre formation, partenariat et reconstruction, l’Ituri tente d’ouvrir une nouvelle page de son développement économique. Mais au-delà des programmes, une interrogation demeure : cette dynamique parviendra-t-elle à s’ancrer durablement dans un territoire encore fragilisé par les tensions sécuritaires ? Comme l’écrivait Amartya Sen : « Le développement est la liberté en action. » Reste à savoir si cette liberté économique pourra réellement s’enraciner dans la jeunesse iturienne.

Didier BOFATSHI

RTNC / VFI7, voltefaceinfos7.com

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