Trois ans après l’installation d’un comité de normalisation par la FIFA, la Fédération congolaise de football association s’apprête enfin à tourner la page de la transition. Les élections destinées à désigner un nouveau comité exécutif et le futur président sont fixées au 15 avril prochain. Un scrutin attendu comme une sortie de crise.
Fin de transition, début d’épreuve
Le processus, longtemps paralysé, entre dans sa phase décisive. Belinda Luntadila, présidente du comité de normalisation, reconnaît les obstacles : un calendrier prêt, mais entravé par un contentieux judiciaire ayant bloqué les comptes de la fédération. « Il faut savoir comment s’organiser pour avoir tous les moyens », souligne-t-elle.
Derrière ces mots, une réalité structurelle : sans autonomie financière, aucune gouvernance stable n’est possible. Comme l’écrivait Max Weber, « l’État moderne repose sur le monopole de la gestion légitime des ressources ». Pour la Fecofa, la maîtrise des moyens conditionne la crédibilité du scrutin.
Une bataille de profils
Dans les coulisses, deux figures émergent : Olivier Safari, président de la commission des arbitres à la CAF, et Veron Mosengo Omba, secrétaire général de la Confédération africaine de football. Au-delà des noms, c’est le profil du dirigeant qui cristallise les attentes.
Vidiye Tshimanga, président du FC Les Aigles du Congo, fixe la barre : « Le candidat doit aimer le football, aimer son pays, avoir les moyens. » L’argument financier n’est pas anodin : il révèle un modèle où leadership et capacité d’investissement sont perçus comme indissociables.
Transparence ou rechute
La réussite du scrutin dépendra du respect du calendrier, de la transparence des candidatures et de l’unité des acteurs. La normalisation imposée par la FIFA visait à restaurer la confiance. Mais la confiance ne se décrète pas ; elle se construit.
Comme le rappelait Pierre de Coubertin, « le sport va chercher la peur pour la dominer ». La Fecofa doit aujourd’hui dominer ses propres démons : divisions internes, fragilités institutionnelles, soupçons persistants.
Le 15 avril ne sera pas qu’une date électorale. Ce sera un test de maturité institutionnelle. Car, selon Montesquieu, « c’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ». Au football congolais de prouver que l’alternance peut devenir renaissance.
RFI / voltefaceinfos7.com