Ebola en RDC : 3 600 contacts sous surveillance, Kinshasa lance la course contre la mort virale

Le feu invisible

Onze jours après la déclaration officielle de la 17e épidémie d’Ebola, la République Démocratique du Congo accélère la riposte pour briser la chaîne de transmission qui serpente déjà entre villages, centres de santé et frontières poreuses de l’Est. À Kinshasa, le ministre de la Santé, Roger Kamba, a dévoilé un tableau inquiétant : 3 600 personnes sont suivies quotidiennement en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, tandis que 230 malades sont pris en charge dans les centres de traitement Ebola.

« 2 000 tests sont partis aujourd’hui, 4 000 autres partiront demain », a déclaré le ministre, évoquant une mobilisation sanitaire sous haute tension. Derrière ces chiffres, la RDC tente d’éviter le retour du spectre qui avait déjà fauché des milliers de vies lors des précédentes flambées.

Les provinces sous souffle

Dans les zones touchées, le virus avance comme une ombre. Sept zones de santé sont déjà affectées en Ituri, trois au Nord-Kivu et une au Sud-Kivu. Plus de 1 000 personnes symptomatiques ont été identifiées, dont 101 cas confirmés. Dix-sept décès sont officiellement enregistrés, tandis que plus de 200 morts probables alimentent les inquiétudes sanitaires. L’Organisation mondiale de la santé a décrété l’urgence de santé publique internationale le 17 mai, signalant une menace régionale qui déborde désormais vers l’Ouganda voisin.

La guerre des minutes

Couper la transmission devient une bataille contre le temps. Chaque contact retracé représente une digue dressée face au chaos épidémique. Chaque test envoyé dans l’Est devient une arme silencieuse contre un virus capable de pulvériser des communautés entières. Comme l’écrivait Albert Camus dans La Peste : « Le fléau n’est pas à la mesure de l’homme ; on se dit donc que le fléau est irréel ». Pourtant, dans l’Est congolais, Ebola demeure brutalement réel.

Le pays face à son miroir

Au-delà de l’urgence médicale, cette flambée révèle les fragilités persistantes du système sanitaire congolais, entre insécurité, déplacements de populations et déficit d’infrastructures. Le numéro vert 151 a été réactivé pour alerter rapidement les autorités en cas de symptômes.

Mais la véritable bataille reste celle de la confiance publique. Car une épidémie se combat autant dans les laboratoires que dans les consciences. Et lorsque les sirènes sanitaires retentissent, la RDC découvre encore cette vérité de Victor Hugo : « Ceux qui vivent sont ceux qui luttent. »

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

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