
L’enfance face à la tempête
À Bunia, en Ituri, la riposte contre Ebola change de visage. Elle ne combat plus seulement un virus ; elle protège aussi des vies fragilisées par la maladie. Lors d’un briefing conjoint tenu avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, et le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, la ministre d’État Ève Bazaiba Masudi a annoncé un dispositif spécial pour les enfants touchés par l’épidémie. Une réponse sociale et humanitaire destinée aux mineurs dont les parents sont malades, décédés ou isolés.
Les petits visages de la crise
« Pour le moment, au niveau de la crèche, nous avons enregistré trois enfants. Parmi eux, deux enfants dont les parents ont été déclarés guéris ont déjà quitté la structure et nous avons actuellement un bébé de trois mois pris en charge au centre de SEME », a déclaré Ève Bazaiba.
Derrière ces chiffres se cache une réalité bouleversante : une épidémie peut emporter des vies, mais aussi déchirer des familles. Ainsi, les crèches d’urgence mises en place avec l’appui de l’UNICEF, du gouvernement congolais et d’ALIMA deviennent des refuges temporaires pour préserver l’avenir des plus vulnérables.
Une bataille pour la dignité
« Il est essentiel de mettre les dispositifs nécessaires en place avant de les accueillir. Nous ne pouvons pas procéder dans le désordre sans disposer des infrastructures adaptées », a insisté la ministre.
Cette prudence traduit une vision humanitaire : sauver un enfant, ce n’est pas uniquement le protéger du virus, c’est préserver son équilibre, son identité et son avenir.
Comme l’écrivait Albert Camus : « Il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser. » La solidarité devient alors une arme contre la peur.
L’héritage d’une crise
Face au virus Bundibugyo et aux fragilités sanitaires de la région, la RDC joue une nouvelle bataille : celle de la résilience humaine. Car une nation se mesure aussi à sa capacité à protéger ceux qui n’ont plus de voix.
Nelson Mandela rappelait : « Une société qui ne prend pas soin de ses enfants n’a pas d’avenir. » En Ituri, chaque enfant sauvé devient ainsi une victoire silencieuse contre Ebola et contre l’abandon.
Didier BOFATSHI

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