Le pari d’un nouveau départ

Le débat sur la sortie de crise en République Démocratique du Congo prend une nouvelle tournure. Selon Jeune Afrique, Félix Tshisekedi aurait transmis à Luanda une contre-proposition au projet de dialogue inclusif porté par le président angolais João Lourenço, privilégiant l’organisation des « États généraux de la refondation de l’État pour le salut de la patrie ». Cette formule exclurait notamment Joseph Kabila et les groupes armés actifs, dont l’AFC/M23, du futur cadre de discussion.

Cette orientation place au centre des discussions une question essentielle : faut-il privilégier un dialogue élargi pour rassembler toutes les parties prenantes ou une refondation institutionnelle pilotée par les institutions existantes ?

Kinshasa veut garder la main

D’après les informations rapportées par Jeune Afrique, le schéma proposé par Kinshasa prévoit un forum national d’environ 500 participants, convoqué et conduit sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi. Les conclusions des travaux seraient directement transmises au chef de l’État.

Le projet ouvre également la voie à d’importantes réformes institutionnelles, évoquant notamment une possible « adaptation ou changement de la Constitution » ainsi que la perspective d’une « quatrième République ».

Derrière cette démarche se dessine une volonté de reprendre le contrôle du récit politique national. Le pouvoir congolais semble privilégier une logique de transformation de l’État plutôt qu’un format de négociation classique entre forces politiques rivales.

Les lignes rouges de Luanda

Toutefois, cette approche suscite des réserves du côté angolais. Selon Jeune Afrique, Luanda ne serait pas favorable à un processus excluant l’AFC/M23 et Joseph Kabila, estimant qu’une paix durable dans l’Est de la RDC nécessite l’implication des acteurs concernés par la crise.

Cette divergence met en lumière une tension diplomatique : entre la nécessité d’un processus inclusif réclamé par plusieurs acteurs et la volonté de Kinshasa de définir lui-même le cadre de discussion. Comme le rappelait Nelson Mandela : « Si vous voulez faire la paix avec votre ennemi, vous devez travailler avec lui. Alors il devient votre partenaire. »

Le défi de l’unité nationale

Parallèlement, plusieurs acteurs politiques et sociaux soutiennent le Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble porté par la CENCO et l’ECC. Ils appellent à une harmonisation des différents processus de paix engagés à Nairobi, Luanda, Doha et Washington.

Pour les partisans de cette approche, seule une convergence des initiatives pourrait éviter la dispersion diplomatique et ouvrir la voie à une solution durable associant les acteurs politiques, la société civile et les parties concernées par le conflit.

Au-delà des formats et des mécanismes, l’enjeu demeure le même : reconstruire la confiance dans un pays confronté à une crise sécuritaire et institutionnelle profonde.

Comme l’écrivait Kofi Annan : « Aucun développement durable n’est possible sans paix, et aucune paix durable n’est possible sans justice. »

La RDC se trouve désormais face à un choix historique : construire un dialogue qui rassemble ou une refondation qui redessine les équilibres du pouvoir. L’avenir dira si cette bataille des visions deviendra le chemin vers la paix ou un nouveau chapitre des tensions nationales.

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

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